L'Europe exige l'étiquetage des produits des colonies israéliennes : tollé en Israël

Une mesure "technique", pas "politique", se défend Bruxelles. Israël condamne cette décision, et convoque le représentant de l'UE en Israël. "L'UE devrait avoir honte", assène le Premier ministre.

(Du vin étiqueté "Made in Israël", alors que l'on est à Ramallah... © REUTERS/Baz Ratner)

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la mesure, aussi technique qu'elle soit, n'est pas franchement passée inaperçue... Ce mercredi, la Commission européenne a décidé d'imposer une mention d'origine sur les produits importés des colonies de peuplement juives implantées dans les territoires palestiniens, "en provenance des Territoires occupés par Israël depuis juin 1967", en langage bruxellois.

Aujourd'hui, ces produits sont étiquetés comme fabriqués en Israël. Ils représentent moins de 1% du total des échanges commerciaux entre l'UE et Israël, selon les chiffres de la Commission.

Reportage à la Cave Psagot, en Cisjordanie, où l'on est directement concerné par cet étiquetage. Etienne Monin
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"C'est une question technique, pas une prise de position politique" , s'est justifié le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, qui a ajouté que l'UE ne soutenait "aucune forme de boycott ou de sanctions contre Israël" ... Ce qui est précisément ce que redoute Tel-Aviv.

Au-delà, certains en Israël montent dans les tours très vite. "C'est une politique discriminatoire" , s'est emporté le ministre de l'Energie, Yuval Steinitz. "On se rappelle tous l'époque où les produits juifs étaient signalés comme tels en Europe" - allusion à l'Allemagne nazie.

Discussions suspendues

Plus terre-à-terre, Israël a formellement condamné cette mesure, et a annoncé suspendre une série de dialogues avec l'UE. Selon le ministre des Affaires étrangères, "Israël suspend son dialogue diplomatique avec l'UE dans plusieurs forums qui devaient avoir lieu au cours des prochaines semaines" .

Benjamin Netanyahu a réagi dans l'après-midi : "l'Union européenne devrait avoir honte" . Et le Premier ministre d'ajouter : "La décision de l'Union européenne est hypocrite et dictée par une politique du deux poids, deux mesures, puisqu'elle ne concerne qu'Israël et pas les 200 autres conflits (territoriaux) ailleurs dans le monde" .