L'économie suédoise a perdu de sa superbe

Stockholm vient d'affiner ses perspectives de croissance pour 2012. Ce sera 1,1% au lieu de 2,7% escompté. La crise européenne finit par peser sur ce pays vertueux qui se croyait à l'abri des turbulences.

Port de Stockholm, le 16 décembre 2011
Port de Stockholm, le 16 décembre 2011 (AFP/BILDERBERG/JERZY MODRAK)
En l’été 2012, la Suède affichait des chiffres économiques à faire pâlir d'envie ses rivaux européens. Après une croissance de 5,9% en 2010, puis de 4% en 2011, la prévision annualisée pour 2012 était bonne même si une baisse était prévue en septembre. Le royaume était montré en exemple par l’OCDE pour sa résistance à la crise du Vieux continent, la dette publique ne s’élevait qu’à 38% du PIB. Et les banques norvégiennes et suédoises constataient un flux d’investisseurs cherchant un refuge pour leurs capitaux après les troubles de la zone euro.

Dans le même temps, le gouvernement de centre droit, à rebours des plans d’austérité appliqués dans l'UE, avait même lancé un plan d’expansion budgétaire en «misant sur l’avenir», selon le Premier ministre Fredrik Reinfeldt. Le plan de 2,5 milliards d’euros mis en place avait pour but d’améliorer la croissance de 0,5 à 1 point. Il consistait notamment en des aides aux entreprises, aux investissements et pour la recherche.  

Mais la conjoncture morose a fini par rattraper Stockholm. Le ministre des finances, Anders Borg, a dû avouer : «Il devient de plus en plus clair que la crise en Europe et les évènements aux Etats-Unis affectent à nouveau l’emploi et la croissance en Suède ».De mauvaises nouvelles sont ensuite tombées : la croissance du deuxième trimestre estimée au départ à 1,4% n’a finalement atteint que 0,7%. Le chômage devrait, lui, atteindre 8,2% en 2013 contre 7,7% en 2012.

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Quant aux exportations, elles ont connu une croissance nulle. Un phénomène provoqué en partie par l’appréciation de la couronne suédoise par rapport à l’euro (la Suède n’est pas membre de l’union monétaire européenne), alors que les exportations représentent la moitié du PIB du pays.
 
Sur le plan politique, les problèmes économiques donnent naissance à des réactions de toute nature. Ainsi le social-démocrate Stefan Löfven, chef de file de l’opposition, a critiqué l’arrivée en trop grand nombre d’immigrés pour des raisons économiques. Ce qui, selon lui , «ne simplifie pas» la lutte contre le chômage.

Les voisins nordiques également touchés
Les problèmes que connaît Stockholm se retrouvent chez ses voisins scandinaves. En Finlande, la croissance est revue à la baisse à 0,5% en 2013 alors que le pays est entré en récession au troisième trimestre. Le chômage se situait à 8% en novembre 2012
 
Le Danemark, dont l’économie dépend fortement des exportations comme les deux Etats précédents, «se tient debout au bord du gouffre de la récession depuis mi-2010», selon la Danske Bansk. Le PIB devrait reculer de 0,4% en 2012.

La Norvège reste à flot
Face au marasme ambiant, la Norvège fait, elle, exception grâce à son or noir. Les prévisions du gouvernement concernant la croissance sont de 3,1% en 2012 et 2 ,5% en 2013.