L'ambassade de France à Londres a un problème de voisinage

Le voisin de l'ambassade veut construire un sous-sol pour exposer sa collection de voitures de luxe. La France craint des nuisances.

La résidence de l\'ambassadeur de France se trouve dans l\'une des rues les plus chères au monde, en plein cœur de Londres (Royaume-Uni).
La résidence de l'ambassadeur de France se trouve dans l'une des rues les plus chères au monde, en plein cœur de Londres (Royaume-Uni). (KROKODYL / WIKIMEDIA COMMONS)

Il empêche "la France de travailler". L'ambassade de France à Londres (Royaume-Uni) est engagée dans une querelle de voisinage avec un ex-magnat de l'immobilier. Ce dernier veut creuser un sous-sol pour héberger sa collection de voitures de luxe. Mais l'ambassade redoute des nuisances.

L'affaire a été examinée pour le deuxième jour consécutif mercredi 11 novembre devant la Haute Cour de Londres. La querelle a pour cadre Kensington Palace Gardens, soit l'une des rues les plus chères au monde, où s'alignent, en plein cœur de la capitale britannique, les demeures des grandes fortunes et les résidences diplomatiques, dont celle de l'ambassadeur de France.

"Des travaux pharaoniques"

Au numéro 10, l'homme d'affaires Jon Hunt a déposé en 2008 un permis de construire pour créer en sous-sol de cette ancienne ambassade soviétique un grand "garage-musée" afin d'y exposer sa collection de voitures de luxe. "Un truc délirant, absolument gigantesque" qui demanderait des années de travaux "pharaoniques", selon une source proche du dossier.

Depuis, la querelle juridique bat son plein avec la France. Si l'ambassade se trouve sur Knightsbridge Road, la résidence de l'ambassadeur est située juste à côté de la demeure de Jon Hunt. Les représentants de l'ambassade estiment que les nuisances engendrées par les travaux prévus par l'homme d'affaires empêcheraient tout simplement "la France de travailler".

"L'ambassade de France a engagé ce contentieux pour préserver sa capacité à utiliser la résidence. Celle-ci est un outil de travail indispensable à la conduite de son activité diplomatique et de représentation", a expliqué un porte-parole de l'ambassade. Son avocat, Alexandre Terrasse, estime même que le projet "enfreint la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 en menaçant directement l'intégrité et la sécurité de notre résidence". Une décision sera rendue "dès que possible", a déclaré un juge de la Haute Cour.