Deux millions de Britanniques défilent contre l'austérité, selon les syndicats

Ils se sont mobilisés mercredi 30 novembre, pour protester contre la politique de rigueur du gouvernement de David Cameron. Du jamais vu depuis trente ans.

Des salariés rattachés au syndicat Unison manifestent \"pour des pensions décentes\" à Birmingham (Royaume-Uni), mercredi 30 novembre 2011.
Des salariés rattachés au syndicat Unison manifestent "pour des pensions décentes" à Birmingham (Royaume-Uni), mercredi 30 novembre 2011. (PAUL ELLIS / AFP)

Au Royaume-Uni, le mouvement était historique : la dernière grève comparable remonte à l'hiver 1978-1979. Mercredi 30 novembre, les fonctionnaires britanniques se sont mobilisés pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement conservateur de David Cameron.

D'après Unison, principal syndicat de la fonction publique, quelque deux millions de personnes ont participé à cette journée d'action. Plus de mille manifestations, répertoriées sur une carte par le Guardian, étaient prévues dans tout le pays.

"26 millions au travail"

La grève de mercredi a affecté les services de santé, les écoles, les impôts, les musées et les transports. Près de 60 % des écoles étaient fermées, selon le Guardian, les transports étant moins touchés que prévu.

Cependant, temporise Tony Travers, un expert de la London School of Economics, "ce n'était pas un très grand mouvement public. Il y avait peut-être deux millions de personnes en grève, mais 26 millions étaient au travail. Ça n'avait rien d'une grève générale". Et d'ajouter : "Ça ne va pas faire changer d'avis le gouvernement, c'est sûr". Ce dernier avait d'ailleurs qualifié cette grève de "malvenue" et "irresponsable".

Les revendications des manifestants

"Nous faisons grève parce que le gouvernement réduit nos pensions, qu'il nous dit de travailler plus et supprime des emplois dans nos écoles", explique Hasina Carroll, membre du syndicat Unison, qui représente 1,4 million de salariés. 

Mardi, George Osborne, le ministre des Finances britannique, a annoncé que la hausse des salaires du secteur public, gelée jusqu'à fin 2012, serait plafonnée à 1 % à partir de 2013. Une mesure qui s'ajoute à 710 000 suppressions de postes d'ici à 2017 et à une augmentation des cotisations vieillesse dans la fonction publique. L'âge de départ à la retraite, aujourd'hui entre 60 et 65 ans, sera par ailleurs porté à 66 ans dès 2020 et jusqu'à 68 ans d'ici à une trentaine d'années.

Les syndicats reprochent au gouvernement de refuser toute négociation sur ces deux sujets. Ils ont averti que d'autres grèves seraient organisées si le gouvernement maintient ses positions. L'opposition travailliste, elle, a pris ses distances avec le mouvement.