Grèce : l'Europe parle d'un "accord technique" mais "pas politique"

Un accord "technique de principe" a été trouvé en Grèce. C'est l'expression utilisée par une porte-parole de la Commission européenne à la mi-journée. Dans son communiqué, le gouvernement grec assure que cet accord permet à la Grèce d'obtenir environ 85 milliards d’euros de financement en échange d'ajustements budgétaires et des réformes.

(La Grèce en passe de trouver un accord avec ses créanciers © Maxppp)

Les discussions marathon entre Athènes et les quatre institutions créancières, l’Union Européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) ont abouti ce mardi à un accord avec les créanciers indique  un communiqué du gouvernement grec. Il assure au pays "un financement de 85 milliards". Selon ce communiqué, la Grèce "assure" grâce à cette somme, en échange d'une longue liste d'ajustements budgétaires et de réformes, "la couverture de ses remboursements d'emprunts et des arriérés de paiement de l'Etat".

 Ce plan d'aide de 85 milliards d'eurso est  le troisième depuis 2010. Il est indispensable pour que la Grèce puisse assurer l’échéance de 3,4 milliards d’euros due à la BCE, le 20 août.

Un accord technique mais pas politique

"Ce que nous avons à ce stade, c'est un accord au niveau technique. Nous n'avons pas pour l'instant d'accord au niveau politique et c'est ce dont nous avons besoin ", a déclaré au cours d'un point de presse une porte-parole de la Commission européenne Annika Breidthardt.

Dans les termes de cet accord, il y a des engagements sur les déficits des trois années à venir. La Grèce reconnaitrait un déficit de 0,25 % du PIB en 2015, de 0,5 % du PIB en 2016, 1,75 % en 2017 et 3,5 % en 2018. Ce chiffre de 3,5 % en 2018 chiffre est considéré par économistes du pays très difficile à atteindre. Mais des "détails secondaires" restent à régler selon la porte-parole. Elles achoppent encore sur plusieurs points : le futur fond de privatisation grec,  la dérégulation de l’énergie et les prêts bancaires non remboursés. L’optimisme est pourtant affiché des deux côtés. Une réunion téléphonique que 28 ministères des Finances doit avoir lieu en début d'après midi pour que tous les Etats membres puissent être informés.

L'urgence d'aboutir

La Grèce a une date en ligne de mire 20 août. C’est le jour fixé pour payer l’échéance de 3,4 milliards d’euros due à la BCE. L’autre urgence : c’est de renflouer les banques. Elles ont rouverts, tout comme la bourse d’Athènes mais le contrôle des capitaux est toujours en vigueur. Si la Grèce conclut cet accord, il faudra encore faire adopter ce nouveau plan par le Parlement. Il doit aussi être validé par l’Eurogroupe. Alexis Tsipras a demandé une réunion plénière du Parlement jeudi pour ratifier l'accord.

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