Grèce : l'Eurogroupe suspend les discussions jusqu'à dimanche

Les ministres des Finances de la zone euro sont réunis, ce samedi à Bruxelles, au sein de l'Eurogroupe sur fond de scepticisme sur le dossier grec. Peu avant minuit, les discussions ont été suspendues. Elles doivent reprendre ce dimanche matin.

("Nous allons avoir des négociations extrêmement difficiles", a affirmé samedi M. Schäuble, le ministre allemand des Finances © LAURENT DUBRULE/EPA/MAXPPP)

Peu avant minuit ce samedi, l'Eurogroupe a annoncé la suspension des discussions dans le dossier grec et annoncé leur reprise ce dimanche. Il juge les garanties apportées par la Grèce insuffisantes. Son président a annoncé que "c'était toujours très difficile ".

Les ministres des Finances de la zone euro étaient réunis à Bruxelles pour examiner les propositions du gouvernement grec d'Alexis Tsipras, qui a fait adopter la nuit précédente par le Parlement, un nouveau plan de réformes. A son arrivée à l’Eurogroupe, le Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé que la mise en œuvre rapide des réformes grecques serait la clef de tout, pour parvenir à une solution. 

Certains restent cependant méfiants car ce n’est pas la première fois qu’un accord semble être à portée main et s’évapore. L’Allemagne affiche toujours la plus grande méfiance, estimant que jusqu’à la fin de l’Eurogroupe, tout reste encore possible.

Les négociations vont "être extrêmement difficile s", a mis en garde le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, jugeant "insuffisantes " les réformes proposées par Athènes. Les Pays-Bas doutent également sérieusement de la capacité de la Grèce à mener les réformes auquel le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est engagé. 

Face à ce scepticisme, pour le ministre des Finances français, Michel Sapin, il faut que la Grèce donne des gages à ses partenaires européens. "La confiance est un élément déterminant de l’accord, si nous voulons un accord global et un accord durable, ce que souhaite la France depuis le début, il faut que les Grecs, le gouvernement grec, le ministre des finances grec, apporte des réponses "  sur la date d'une décision, les moyens de sa mise en place et le rythme qui compte être suivi.

Rôle de médiateur

"C’est ça qui va redonner de la confiance du côté des institutions européennes, de l’Eurogroupe, il faut qu’on montre aussi que si cette confiance est là. Si la détermination politique des Grecs est là, alors nous avons la capacité d’apporter des soutiens qui sont des soutiens indispensables pour réussir ces réformes ", a ajouté le ministre. 

Michel Sapin souhaite que l'hexagone continue à jouer activement le rôle de médiateur.  '"La France est un trait d’union et nous jouerons ce rôle (…) jusqu’au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous. D’abord indispensable à la Grèce, mais aussi indispensable à l’Europe ", a t-il affirmé avec conviction. Le ministre des finances dispose d’une évalutation détaillée de l’impact budgétaire des propositions, mais aussi de l’évaluation positive de la commission du FMI et de la Banque centrale européenne. Il pourrait donc être en mesure d’ouvrir des négociations avec la Grèce dès le 11 juillet, pour un troisième plan de sauvetage. 

 

'"La France est un trait d’union et nous jouerons ce rôle (…) jusqu’au bout" Michel Sapin, ministre des finances
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La Grèce est suspendue aux négociations de Bruxelles, chaque déclaration de chaque ministre qui arrive à l’Eurogroupe est retransmise en direct sur les chaînes de télévision et les radios. Les Grecs espèrent un accord rapide qui permettra de débloquer la situation, mais ils redoutent que l’Allemagne et les Pays-Bas requierent plus de rigueur, notamment après les déclarations de la ministre lituanienne selon laquelle les propositions grecques doivent être profondément modifiées.

Athènes estime qu’il n’y a plus aucune austérité supplémentaire possible, d’autant que le texte définitif des réformes décidées doit être à nouveau soumis au Parlement. Le gouvernement grec commence à se demander si l’ancien ministre des finances Varoufakis, n’avait pas raison lorsqu’il disait que plan initial était soit de faire tomber le seul gouvernement de gauche d’Europe, soit à défaut, pousser la Grèce aux "grexit " quels que soient les concessions grecques.