Gorbatchev dit avoir "honte" pour Poutine

L'ancien président soviétique qualifie de "regrettable et honteuse" la réaction qu'a eue l'actuel Premier ministre russe face au mouvement de contestation qui secoue le pays.

L\'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors d\'une conférence de presse à Montpellier (Hérault), le 25 novembre 2011.
L'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev lors d'une conférence de presse à Montpellier (Hérault), le 25 novembre 2011. (PASCAL GUYOT / AFP PHOTO)

Mikhaïl Gorbatchev ne mâche pas ses mots à l'égard de Vladimir Poutine. Dans un entretien publié vendredi 23 décembre dans la Novaïa Gazeta, l'ex-président soviétique a dit avoir "honte" pour l'actuel Premier ministre russe, qui a ironisé lors d'une émission de télévision sur le mouvement de contestation sans précédent contre son régime.

La séance télévisée de questions-réponses de Vladimir Poutine le 15 décembre, après la grande manifestation de l'opposition, "avait pour but de bourrer le crâne des gens, déplore Gorbatchev. C'est regrettable et honteux. J'ai honte parce que je sentais que j'avais un lien avec Poutine et je l'ai soutenu activement à son arrivée au pouvoir."

Au cours de l'émission, Vladimir Poutine a ironisé sur l'opposition, comparant le ruban blanc devenu le symbole du mouvement à un "préservatif" avant de dénoncer des tentatives de "déstabilisation" venues de l'étranger contre la Russie. Le Premier ministre a aussi comparé les opposants à une tribu de singes du Livre de la jungle de Rudyard Kipling.

"Medvedev a fait une croix sur son avenir"

Mikhaïl Gorbatchev, qui a l'intention de participer samedi à une nouvelle grande manifestation à Moscou, a aussi vertement critiqué le président Dmitri Medvedev, qui a refusé de reconnaître que des fraudes massives avaient eu lieu lors des législatives du 4 décembre. "Il a dit dans la presse : 'je n'ai pas de griefs et de doutes concernant les élections.' Je pense que là, Dmitri Medvedev a fait une croix" sur son avenir politique, a estimé l'ancien président.

L'opposition appelle à de grands rassemblements samedi dans tout le pays pour dénoncer les fraudes électorales. Plus de 50 000 personnes avaient manifesté à Moscou le 10 décembre, 10 000 à Saint-Pétersbourg et des milliers dans d'autres villes du pays, une mobilisation inédite depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.