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Fuite sur une plateforme Total : quels risques pour l'environnement ?

Au moins 23 tonnes de gaz se sont échappées, depuis dimanche, de la plateforme gazière d'Elgin-Franklin, en mer du Nord, au large de l'Ecosse.  

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France Télévisions
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La plateforme Total du gisement de gaz naturel d'Elgin, en mer du Nord. (TOTAL E&P UK / MAXPPP)

C'est "le plus gros incident pour Total en mer du Nord depuis au moins dix ans", selon la compagnie pétrolière française. Plus de 23 tonnes de gaz se sont échappées, depuis dimanche, de la plateforme Total d'Elgin-Franklin, à 240 km de la côte, en mer du Nord. L'exploitant a déclenché un plan d'urgence et cherche désormais un moyen d'arrêter la fuite, qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l'environnement.

• Total veut rassurer

Total a assuré que "les premières indications montrent qu'il n'y pas d'impact significatif sur l'environnement", dans un communiqué publié mardi après-midi. La compagnie cherche la meilleure façon d'intervenir. Soit en creusant un puits de secours, opération qui pourrait prendre "jusqu'à six mois" ; soit en scellant la fuite, qui se situerait au-dessus du niveau de la mer.

Un avion de surveillance a confirmé la "présence d’irisations à proximité de la plateforme", témoignant de la présence de substances minérales dans l'eau. Il s’agit, selon Total, "de boues de forage et/ou de produits légers associés au gaz représentant un volume actuellement estimé à environ 30 m3", mais soutient que "l’utilisation de dispersant n’est pas nécessaire à ce stade". Pourtant, comme l'explique le blog En quête de sciences, plus le dispersant est employé rapidement (dès lors que les conditions de sécurité le permettent), plus il est efficace.

Un risque de pollution de l'eau...

Le ministre britannique de l’Energie tient à rappeler que "les conséquences pour l’environnement de fuites de condensats de gaz naturels sont nettement moins graves que celles des marées noires pétrolières"Il n'y aurait pas de risque de marée noire, mais une très fine nappe d’hydrocarbures (qui crée les irisations) s'est formée à la surface de l’eau. Elle devrait s'évaporer naturellement. Mais Frederic Hauge, du groupe norvégien de défense de l'environnement Bellona, estime que "le problème échappe à tout contrôle".

"Le site d’Elgin est un gisement de gaz naturel et de condensats, un liquide proche du pétrole, ce qui n’est jamais bon quand ça se répand en mer", explique au Parisien Francis Perrin, directeur du magazine Pétrole et gaz arabes.

... et surtout de l'air

Selon BBC Scotland (lien en anglais), le nuage de gaz est visible à environ onze kilomètres de la plateforme. Comme l'explique l'océanographe Simon Boxall à la BBC, "ce gaz a une très forte proportion de sulfure d'hydrogène et de dioxyde de carbone, ce qui le rend très inflammable et assez toxique". Et une torchère reste toujours allumée, comme l'explique ce reportage de France 2. 

Christophe de Vallambras et Jean-François Monier - France 2

Maryse Arditi, membre de l'association France Nature Environnement, redoute ce nuage : "C’est moins malsain pour la mer, la faune et la flore que du pétrole brut, mais chaque molécule de méthane qui s’échappe produit jusqu’à 70 molécules de CO2", explique-t-elle au Parisien. Conséquences : "Ces fuites peuvent contribuer à accroître l’effet de serre", selon Francis Perrin.

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