Ferry "Norman Atlantic" : les accusations qui pèsent sur la compagnie

Deux jours après l'incendie qui a ravagé le navire en mer Adriatique et fait dix morts, l'état de ce bateau affrété par la compagnie grecque Anek Lines suscite de nombreuses questions.

Un hélicoptère survole le ferry \"Norman Atlantic\" au large de l\'Albanie, le 29 décembre 2014.
Un hélicoptère survole le ferry "Norman Atlantic" au large de l'Albanie, le 29 décembre 2014. (MARINA MILITARE / AFP)

Que s'est-il passé sur le Norman Atlantic ? Deux jours après le violent incendie qui s'est déclaré à bord, dimanche 28 décembre, le ferry est désormais totalement vide. Selon les autorités italiennes, 427 personnes ont été secourues, tandis que dix personnes ont trouvé la mort. La justice italienne a décidé d'ouvrir une enquête criminelle pour éclaircir les circonstances de ce drame, alors que des passagers ont dénoncé le manque de préparation de l'équipage. Francetv info revient sur les principales accusations qui pèsent contre la compagnie grecque Anek Lines. 

Des cales trop chargées ?

Plusieurs rescapés ont pointé du doigt le chargement du bateau. Selon certains d'entre eux, interrogés par des médias italiens, plusieurs véhicules de haute taille ont pris place dans les garages du ferry, menaçant d'abîmer les toits voire de provoquer des étincelles. Plusieurs conducteurs de poids lourds ont également affirmé que le ferry était surchargé, et ont assuré que des camions-citernes avaient embarqué à bord du navire. 

Pas d'alarme anti-incendie ?

D'autres passagers ont également dénoncé l'absence d'alarme anti-incendie. "Il n'y a eu aucune alerte lancée, personne ne nous a dit quoi faire et j'ai dû chercher moi-même un gilet de sauvetage pour moi et mes enfants", a notamment affirmé un rescapé, interrogé sur les télévisions italiennes.

Une porte coupe-feu défectueuse ?

Des interrogations sont également apparues sur l'état du bateau. Construit en 2009, le Norman Atlantic n'était pas très vieux. Mais lors de son dernier contrôle technique, effectué le 19 décembre, plusieurs avaries – six au total, selon le rapport d'inspection cité par le Telegraph – auraient été détectées. Surtout, l'un de ces soucis techniques concernait une porte coupe-feu, située précisément là où l'incendie s'est déclaré dimanche matin. Lundi, l'armateur italien a toutefois assuré que "ce problème avait été résolu" avant le départ du bateau. Avant d'assurer que "le navire fonctionnait parfaitement". Des propos que l'enquête s'attachera à vérifier.