Entre 56.000 et 100.000 manifestants ont défilé mercredi contre les programmes d'austérité en Europe

Organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), la manifestation rassemblaient des travailleurs venant principalement de Bruxelles ou de France mais aussi de Pologne, Slovaquie ou Allemagne.

Manifestants de pays européens, à Bruxelles, le 29/09/10
Manifestants de pays européens, à Bruxelles, le 29/09/10 (AFP/Georges Godet)

Organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), la manifestation rassemblaient des travailleurs venant principalement de Bruxelles ou de France mais aussi de Pologne, Slovaquie ou Allemagne.

De faux "homme d'affaires" en costumes-cravates ouvraient la marche, arborant des pancartes telles que "Association européenne des entreprises frauduleuses" et "Union européenne des spéculateurs".

"Nous sommes ici pour dire au monde qu'il doit ralentir sur les économies", a indiqué à l'AFP Markus Machmik, 45 ans dont 28 de travail dans les mines, venu de la Ruhr allemande avec une centaine de collègues tous vêtus de blanc, en bottes et portant leurs casques de travail.

"Il ne faut pas ajouter à la crise financière une crise sociale sans précédent dont les salariés paieraient le prix", a dénoncé pour sa part le secrétaire général du syndicat français CGT, Bernard Thibault.

L'accent était mis sur l'importance de la crise sociale créée par les mesures d'austérité préconisées dans nombre de pays qui ont un important déficit budgétaire.

Selon John Monks, le secrétaire général de la CES, ces mesures "vont avoir un effet désastreux sur les individus et sur l'économie". "Les travailleurs sont dans les rues aujourd'hui avec un message clair pour les dirigeants de l'Europe: il est encore temps de ne pas choisir l'austérité", a-t-il insisté.

"Les propositions que nous sommes en train de faire sont les meilleures pour la défense des travailleurs eux-mêmes. Quand il faut payer les intérêts de la dette, on ne peut pas payer les politiques sociales", leur a répondu José Manuel Barroso, président de la Commission européenne qui présentait justement mercredi des mesures pour punir les pays qui laissent trop dériver leur budget.

M. Barroso avait prévu de rencontrer une délégation de syndicalistes en fin d'après-midi.

Mercredi était aussi une journée d'action dans plusieurs pays européens, à commencer par pour protester contre une réforme du marché du travail qui facilite les licenciements.

De nombreuses villes touchées par les manifestations
Des manifestations d'ampleur variable ont également eu lieu mercredi à Varsovie, Riga, La Haye, Athènes et Chypre.

D'autres rassemblements ont eu lieu au Portugal, en Italie ou encore en Irlande, où la police a arrêté dans la matinée un homme ayant embouti l'entrée du Parlement avec un camion-bétonnière sur lequel était inscrit "Toxic Anglo Bank", en référence à la banque en grande difficulté Anglo Irish Bank.

Et les syndicats ne comptent pas en rester là.

En France, où le gouvernement a présenté mercredi un projet de budget prévoyant une réduction sans précédent des niches fiscales et sociales afin de réduire le déficit public, les syndicats ont déjà appelé à manifester à nouveau samedi contre une impopulaire réforme des retraites.