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En Italie, un adolescent miraculeusement réanimé après une noyade

Il avait une chance sur un million de survivre, selon les médecins.

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France Télévisions
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Le Dr Alberto Zangrillo, le 14 décembre 2009, à Milan. (DAMIEN MEYER / AFP)

"J'ai soif, je voudrais boire." Ces mots sont les premiers balbutiés par Michael (son identité est maintenue secrète) à sa mère, près d'un mois après la noyade qui aurait dû lui coûter la vie, rapporte le Corriere della Sera, vendredi 29 mai. "Michi", comme le surnomme sa mère, a passé plus de quarante minutes sous l'eau et a survécu grâce au travail extraordinaire de médecins.

Pris au piège sous l'eau

Il fait chaud. Il est précisément 16h53, vendredi 24 avril, quand Michael, 14 ans, et cinq amis s'élancent d'un pont de pierre surplombant le Naviglio, à Cuggiono, une petite ville à cinquante kilomètre environ à l'ouest de Milan, selon The Local. L'eau n'est guère profonde. Pas plus de deux mètres. Tous crèvent la surface du cours d'eau, mais l'un d'entre eux ne remonte pas. Des racines retiennent Michael au fond. Ses amis s'affolent et plongent pour le chercher dans les eaux troubles. Le temps passe. Il faut une chaîne humaine pour l'extirper de l'eau mortelle. Le jeune garçon n'est sorti de l'eau qu'à 17h35. Quarante-deux minutes viennent de s'écouler. Le corps est inerte, et à seulement 29 degrés.

Le cours d'eau passant à à Cuggiono, petite ville à cinquante kilomètres environ à l'ouest de Milan, où un garçon a failli perdre la vie. (GOOGLE STREET VIEW)

Un médecin d'élite

Appelés en renfort, les pompiers s'escriment à le ranimer sur la berge, selon Le Figaro. Le pouls, très faible, revient, rapporte le Corriere della Sera. Un hélicoptère emmène le garçon, qui est admis à l'hôpital San Raffaele de Milan une heure après avoir été sorti de l'eau. 

Et c'est peut-être là que la chance tourne au profit de l'adolescent. Car il croise l'équipe du Dr Alberto Zangrillo, directeur du service d'anesthésie et de réanimation intensive, par ailleurs médecin de Silvio Berlusconi. Le garçon est soumis à "un programme extrême d'assistance cardio-circulatoire", selon Le Figaro. Puis il est relié à une machine qui remplit le rôle de son cœur et de ses poumons. Le sang manquant d'oxygène est pompé hors de son corps pour y être réoxygéné et réinjecté. La méthode s'appelle ECMO (pour Extracorporelle Membrane Oxygénation) et permet de faire fonctionner les organes vitaux.

"Une chance sur un million"

Pourtant, les chances de Michael sont infimes. Le médecin dit à la famille qu'il ne lui donne pas plus d'"une chance sur un million" de se réveiller. "Après vingt à vingt-cinq minutes d'immersion, on estime généralement qu'il n'y a plus rien à faire", explique-t-il au Figaro. Sous-oxygénés, les organes, et en premier lieu le cerveau, subissent des dommages qui peuvent être irréparables. Selon le site italien Focus, on considère dans les cas de quasi-noyade que le cerveau subit des dommages irrémédiables au-delà de cinq minutes sans oxygène.

Mais l'eau froide peut joueur un rôle conservateur. L'hypothermie réduit les besoins en oxygène des organes. De plus, d'après une étude relayée par Focus, les enfants sont plus rapidement en hypothermie que les adultes. Seulement, l'eau n'était qu'à 15 degrés et ce sont souvent les eaux glaciales, à moins de 5 degrés, qui jouent ce rôle de conservateur en faisant brusquement chuter la température du corps sous les 30 degrés.

Il plaisante

Néanmoins, explique Le Figaro, les médecins s'attachent à améliorer l'état de Michael. "Une fois les fonctions vitales du garçon stabilisées au bout d'une quinzaine de jours, nous nous sommes concentrés sur le cerveau en le stimulant par résonance magnétique. A notre extrême surprise, on a alors assisté à une lente reprise, Michi répondant de manière de plus en plus positive à nos sollicitations, jusqu'à reprendre graduellement conscience", a expliqué le Dr Zangrillo.

La jambe de Michael a dû être amputée au-dessous du genou, après un problème de transfusion sanguine, mais son cerveau n'aurait subi aucun dommage. Revenu à lui, Michael communique, plaisante. Il a demandé si la finale de la Ligue des champions, dans laquelle doit jouer la Juventus de Turin, était passée. 

Le Dr Zangrillo, qui considère le garçon comme "exceptionnel", semble lui-même époustouflé par cette rémission, comme il l'a dit au Times : "C'est extraordinaire et certaines personnes parlent de miracle. Je dois voir les choses du point de vue de la science, mais je ne peux pas l'expliquer complètement." Et de poursuivre : "Selon les règles, ça ne sert à rien d'utiliser une ECMO si le sang du patient a arrêté de circuler depuis six minutes." Il considère la résurrection de Michael comme "la plus grande satisfaction de toute [sa] carrière".

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