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Divergences dans la crise du lait

Les ministres européens de l'Agriculture ont affiché lundi leurs divergences sur les réponses à apporter
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Un éleveur déverse sa production pour protester contre le prix du lait (09/09/2009) (© France 3)
Les ministres européens de l'Agriculture ont affiché lundi leurs divergences sur les réponses à apporterLes ministres européens de l'Agriculture ont affiché lundi leurs divergences sur les réponses à apporter

Une proposition de la France et de l'Allemagne -visant à introduire une nouvelle régulation du secteur - a été fraîchement accueillie par leurs partenaires.

Cette impasse intervient alors que certains producteurs envisagent d'entamer bientôt une "grève" de la production faute d'aide. Une décision à ce sujet est attendue jeudi.

Le ministre suédois de l'Agriculture, Eskil Erlandsson, dont le pays préside l'UE, a rejeté lundi une proposition présentée le même jour par Paris et Berlin, en arrivant à une réunion à Bruxelles.

La France et l'Allemagne proposent de maintenir une forte régulation du secteur laitier en Europe, pour ne pas laisser les agriculteurs exposés à la seule loi du marché. Notamment dans la perspective de la disparition des quotas laitiers en Europe à l'horizon 2015.

Le ministre suédois a émis "l'espoir" d'une disparition de toute régulation laitière en Europe à terme. Il peut compter sur le soutien des pays traditionnellement libéraux du Nord de l'Europe. Sa collègue néerlandaise, Gerda Verburg, a prévenu qu'elle ne soutiendrait pas le projet franco-allemand, "parce que je suis favorable à un libre marché laitier".

La commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, s'est opposée à une autre idée franco-allemande: un gel de la hausse programmée des quotas européens l'année prochaine.

Certains agriculteurs voient dans l'augmentation des plafonds de production une cause de la chute des prix, ce que réfute Bruxelles.

Les propositions présentées lundi par la France et l'Allemagne visent à maintenir des outils importants dans l'UE de stockage du lait, lorsque les prix sont trop bas ou la demande insuffisante. Paris et Berlin veulent généraliser en Europe "l'autorisation d'une contractualisation à l'échelle nationale" pour fixer des prix minimum du lait, et améliorer l'étiquetage pour avoir par exemple un label "lait de France".

"Il est indispensable que nous ouvrions une réflexion approfondie sur la nouvelle régulation des marchés agricoles à l'échelle européenne", a dit à Bruxelles le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Environ 800 agriculteurs belges ont manifesté lundi à Bruxelles pour demander un soutien de l'Europe face à la baisse des prix. Ils ont distribué du lait à des fonctionnaires européens.

La profession est divisée sur l'attitude à adopter. Le principal syndicat agricole français, la FNSEA, juge ainsi qu'une grève du lait serait "une aberration".

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