Des heurts ont éclaté mercredi à Athènes en marge de la manifestation contre le nouveau plan de rigueur

Selon les sources, 20.000 à 40.000 manifestants, composés de citoyens de tous bords, ont répondu à l'appel des indignés grecs, mouvement lancé le 25 mai à Athènes.La police a tenté de reprendre le contrôle de la place Syntagma en tirant des gaz lacrymogène qui ont éparpillé la foule sans la faire partir. Une douzaine de personnes ont été blessées.

Violents affrontements à Athènes, place Syntagma, le 15 juin 2011.
Violents affrontements à Athènes, place Syntagma, le 15 juin 2011. (AFP - Lisa Gouliamaki)

Selon les sources, 20.000 à 40.000 manifestants, composés de citoyens de tous bords, ont répondu à l'appel des indignés grecs, mouvement lancé le 25 mai à Athènes.

La police a tenté de reprendre le contrôle de la place Syntagma en tirant des gaz lacrymogène qui ont éparpillé la foule sans la faire partir. Une douzaine de personnes ont été blessées.

Cette manifestation atypique regroupait des syndicats traditionnels et des milliers de membres du groupe de résistance populaire des "Indignés" qui, prenant exemple sur les indignés madrilènes, campent depuis le 25 mai au coeur d'Athènes, juste devant le Parlement.

Les protestataires n'ont pas atteint leur objectif qui était de former une chaîne humaine pour encercler symboliquement le Parlement, où un plan budgétaire contenant hausses d'impôts et privatisations massives devait être débattu, pour un vote attendu fin juin.

Les forces antiémeutes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser un groupe de 100 à 200 jeunes, qui ont jeté des cocktails Molotov, des pierres et autres projectiles sur un cordon de policiers qui se trouvait devant le Parlement.

La grève générale a surtout affecté le secteur public
Brandissant trompettes, casseroles et sifflets, la foule s'était massée dès le matin devant le parlement, sur la place centrale de Syntagma, entourée d'un impressionnant dispositif policier, au moment où le fonctionnement des administrations, transports et commerces du pays était ralenti par une grève générale décidée par les syndicats.

La grève a surtout affecté le secteur public et les transports maritimes et urbains.

D'après les médias, le nombre des manifestants était de 40.000 à Athènes. Dans la ville de Salonique (nord), une autre manifestation similaire a rassemblé près de 20.000 personnes, a annoncé la police.

Un programme d'austérité en débat au Parlement
La manifestation a eu lieu alors que le Parlement grec débattait d'un nouveau programme d'austérité sur cinq ans.

Le programme d'austérité prévoit un nouvel alourdissement de la fiscalité et des réductions supplémentaires des dépenses. Un premier plan d'austérité adopté en 2010 n'a pas permis à la Grèce d'atteindre ses objectifs budgétaires. Cette politique a contribué à une contraction de 5,5% du PIB de la Grèce au premier trimestre 2011 et à une hausse du taux de chômage jusqu'au-delà de 16% de la population active, ce qui alimente la colère de la population.

Le vote de ce plan est une des conditions imposées à la Grèce pour obtenir le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en 2010 par l'UE et le FMI - dont 53 milliards au total ont déjà été versés - et une probable deuxième aide financière. Le pays se trouve au bord d'un défaut de paiement, selon les agences de notation financière.

Le gouvernement "assume ses responsabilités"
Le gouvernement socialiste va "assumer ses responsabilités, continuer d'avancer et prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays de la crise" a pour sa part déclaré le Premier ministre Georges Papandreou qui a rencontré le chef de l'Etat.

Il a souligné qu'il poursuivait la recherche d'un consensus avec l'opposition, réclamé par les bailleurs de fonds du pays, qui peinent de leur côté à s'entendre sur la façon de sauver le pays, menacé de défaut de paiement selon les agences de notation financière.

L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) font pression pour que toutes les formations politiques grecques apportent leur soutien au programme d'austérité avant la réunion le 20 juin des ministres des Finances de l'UE et le sommet européen des 23 et 24 juin.

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