Saint-Jacques-de-Compostelle : le conducteur du train téléphonait au moment de l'accident

Le tribunal a confirmé que le train roulait à 192 km/h peu avant l'accident. Le chauffeur a freiné au dernier moment, mais trop tard pour éviter le drame.

Le conducteur de train Francisco José Garzón Amo est emmené dans un véhicule de police pour rencontrer le juge, à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), le 28 juillet 2013.
Le conducteur de train Francisco José Garzón Amo est emmené dans un véhicule de police pour rencontrer le juge, à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), le 28 juillet 2013. (PABLO BLAZQUEZ DOMINGUEZ / GETTY IMAGES)

Six jours après le drame de Saint-Jacques-de-Compostelle, les boîtes noires ont parlé. A la suite des analyses des premières informations fournies par ces enregistrements, le tribunal supérieur de justice de Galice a révélé, mardi 30 juillet, que Francisco José Garzón Amo, le conducteur du train qui a déraillé, "parlait au téléphone" au moment de l'accident qui a coûté la vie à 79 personnes. 

Francetv info détaille les nouveaux éléments dévoilés par les enquêteurs. Ils appuient la thèse de la responsabilité probable du conducteur, mis en examen dimanche pour "79 faits d'homicide par imprudence". 

La vitesse excessive confirmée

Avant de dérailler, le train roulait à 153 km/h sur un tronçon où la vitesse est limitée à 80 km/h. Selon le tribunal supérieur de justice de Galice, "dans les kilomètres ayant précédé le lieu de l'accident, le train roulait à 192 km/h". Il a ensuite indiqué "qu'un frein avait été activé quelques secondes avant l'accident".

Un conducteur "distrait"

Le conducteur du train, au moment de l'accident, était en conversation téléphonique "avec un employé de la Renfe", la compagnie de chemins de fer espagnole, vraisemblablement "un contrôleur", a poursuivi le tribunal. "Quelques minutes avant que le train ne quitte la voie, il a reçu un appel sur son téléphone professionnel pour lui indiquer le chemin que devait suivre le train en arrivant à El Ferrol", sa destination finale, ont révélé les boîtes noires.

"Du contenu de la conversation et en raison du bruit de fond, il semble que le conducteur consultait un plan ou un document similaire en papier", a encore expliqué le tribunal. Lors de son audition par le juge, Francisco José Garzón Amo aurait admis avoir été distrait dans les minutes précédant le drame, et expliqué qu'il avait confondu le tronçon où il se trouvait, très délicat, avec un autre.