"C'est la forme la plus directe de démocratie" : dans deux cantons suisses, les décisions politiques sont prises à main levée par la population

Cette forme de participation politique qui remonte au Moyen Age vient en plus des référendums organisés au moins quatre dimanches par an en Suisse.

Les gens lèvent les mains pour voter lors de la réunion annuelle de Landsgemeinde sur une place de la ville d\'Appenzell, dans l\'est de la Suisse, le 28 avril 2013.
Les gens lèvent les mains pour voter lors de la réunion annuelle de Landsgemeinde sur une place de la ville d'Appenzell, dans l'est de la Suisse, le 28 avril 2013. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

La fanfare accompagne le cortège gouvernemental. Les élus ont revêtu leur costume. Les drapeaux sont à toutes les fenêtres. Aucun doute, la Landsgemeinde d'Appenzell, en Suisse, vient de commencer. "C'est notre institution politique la plus importante", explique Andrea Koller, qui est sur le point d'aller voter. Cette forme de participation politique existe depuis le XIIIe siècle. "L'épée que j'ai dans les mains, c'est mon document de vote que je présente pour avoir accès à la Landsgemeinde", explique Andrea Koller. Les Appenzellois appelés à voter portent effectivement une épée attestant leur droit de vote. 

La Landsgemeindefois a lieu une fois par an dans les cantons d'Appenzell Rhodes-intérieures et de Glaris. Quelques milliers d'électeurs se rassemblent sur la place du village pour un gigantesque vote à main levée. Cette participation politique diffère des référendums organisés au moins quatre dimanches par an en Suisse pour se prononcer sur tous les sujets possibles et imaginables. "C'est la forme la plus directe de démocratie", estime Andrea Koller.

Pas de remise en cause

En quelques heures, les électeurs élisent leur gouvernement, adoptent les lois pour l'année et peuvent soumettre leurs propositions. Tout le monde peut prendre la parole. Les femmes n'ont pourtant eu accès à l'assemblée qu'en 1991 sur une décision de justice. La Landsgemeinde n'est pas exempte de critiques. "Elle pose deux problèmes, admet le chef du gouvernement local Roland Inauen. Le secret du vote qui ne peut pas être assuré quand on vote à main levée. Et il y a le fait que les personnes malades ou absentes et ceux qui travaillent ne peuvent pas être représentés."

"Pourtant, personne, dans le canton, ne souhaite remettre en cause le système de la Landsgemeinde", rapporte Roland Inauen. Derrière le folklore assumé qui fait le bonheur des touristes, la Landsgemeinde continue d'attirer les électeurs. Ils étaient entre 4 000 et 5 000 encore cette année à Appenzell. Autant que pour les dernières élections pour renouveler le parlement Suisse.

Reportage de Jérémie Lanche
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