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Bulgarie: la droite au pouvoir en quête de crédibilité

Pays le plus pauvre de l'UE, la Bulgarie compte sur les fonds européens pour développer ses infrastructures alors que Bruxelles a différé son entrée dans l'espace Schengen. Sofia tente d'agir sur deux problèmes majeurs, la corruption et le racisme anti-rom.
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Le président bulgare R.Plevneliev avec Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, à Bruxelles, le 26/01/2012 (AFP/GEORGES GOBET)

Rossen Plevneliev, 47 ans, est un président avenant, neuf en politique (deux ans de carrière) et populaire pour son intérêt marqué à moderniser le pays. Ingénieur en informatique, il a été élu le 30 octobre 2011 avec 52,58% des voix. Il a appartient au Parti des citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) qui dirige déjà le gouvernement conservateur. Il a promis de travailler jusqu’an 2020 pour obtenir des fonds européens.
 

L'élection du président Plevneliev renforce le pouvoir conservateur


Euronews, le 31-10-2011


L'économie a besoin de la manne européenne
Les investissements étrangers sont une nécessité vitale pour ce pays qui n'a, par exemple, que 440 km d'autoroutes. En dix ans, le PIB bulgare a presque rejoint (43%) la moitié de la moyenne européenne. Pas assez pour sortir le pays du marasme. Le taux d’imposition est de 10% (salaires et entreprises) mais le taux de chômage est officiellement de 11,5%  (il pourrait atteindre 15,8%, avec les chômeurs non enregistrés).  L’austérité, voulue par la Banque mondiale, est à l’ordre du jour. Cette dernière souhaite la suppression de 2.000 emplois dans les chemins de fer. Conséquence, les ouvriers du ferroviaire ont fait plusieurs jours de grèves en novembre 2011.

Atouts de la Bulgarie: le niveau très bas (14,7% du PIB) de sa dette publique et un déficit budgétaire limité (4,7% du PIB). Un nouvel accord de discipline budgétaire doit être signé au mois de mars 2012 avec Bruxelles.


Lutte contre la corruption: une priorité
Pour rapprocher son pays des standards européens, l’homme fort du pays, le Premier ministre Boïko Borrisov, ancien garde du corps, qui a fondé le GERB, et remporté les élections législatives en juillet 2009, entend intensifier la lutte contre la corruption. Les lacunes en la matière ont valu à Sofia le refus des Pays-Bas d’accepter l’entrée de la Bulgarie dans l’espace Schengen. La décision sur une éventuelle adhésion est reportée à septembre 2012. 

Toutefois, s’il reste du travail dans ce domaine, l’OCDE a noté des aspects positifs en ce qui concerne la corruption transnationale. Dans le même temps, les policiers bulgares multiplient les opérations coup de poing contre la mafia locale.


Violences anti-roms: crise de société
Un dossier complexe pour les autorités, le racisme qui touche les roms, une communauté de 700.000 à 800.000 âmes. Pendant deux semaines, en octobre 2011, de violentes manifestations rassemblant des milliers de personnes opposées à cette minorité ont eu lieu dans une vingtaine de villes. Des hooligans, fans du club de football de Plovdiv ont scandé des slogans nazis à l'encontre de ce groupe ethnique. A l'origine de cette vague de haine, la mort d'un jeune homme renversé, dans un village, par un mini-bus appartenant à la famille d'un chef rom mafieux, "le tsar Kirov", un leader corrompu, qui faisait commerce de voix électorales. Les villageois ont cru à un acte prémédité.

L'ONU a jugé "irresponsable qu'une communauté entière soit punie pour un délit commis par un individu". Se voulant apaisant, le chef du gouvernement a qualifié "de problème purement criminel" la mort du jeune bulgare.

En fait, la flambée de violence cache un problème social. La sociologue Antonina Jeliazkova, met en cause un dialogue politique inexistant et une perte d'espoir en la justice  sociale. Un coktail explosif qui donne naissance à  des bouffées de colère contre les minorités. .


La pollution: un mal endémique
Un autre point sensible est celui de la pollution. Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a indiqué en novembre 2011 que la Bulgarie enregistre le plus grand nombre de décès causés par la pollution de l’air, avec la Roumanie et l’Arménie. Cette pollution, due aux particules fines, est la conséquence de l’utilisation du charbon par 58% des ménages (avec le bois), par les centrales thermiques, et d'un  parc automobile largement vétuste.

Dans le même temps, des milliers de manifestants ont protesté en janvier 2012 dans plusieurs villes contre le recours à la fracturation hydraulique dans les projets d’exploration de gisements de gaz de schiste. La compagnie américaine Chevron a obtenu un permis  d'exploration à Novi Pazar (nord-est) et des ONG affirment que des travaux, menés par une compagnie russo-bulgare, sont en cours le long du littoral de la mer Noire.

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