Italie : Silvio Berlusconi renonce à briguer la présidence

L'ancien chef du gouvernement italien se serait bien vu accéder à ce poste honorifique mais puissant en cas de crise politique. Il a finalement renoncé.

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L'ancien Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, le 26 janvier 2019. (MANUEL ROMANO / NURPHOTO / AFP)

Il jette l'éponge. L'ex-Premier ministre italien Silvio Berlusconi, 85 ans, a annoncé samedi 22 janvier qu'il renonçait à être candidat à la présidence de la République, un poste prestigieux pour lequel le vote débute lundi au Parlement. Le milliardaire faisait campagne en coulisses depuis des semaines pour remplacer le président sortant Sergio Mattarella, même si les observateurs doutent qu'il dispose des votes nécessaires.

Dans un communiqué en marge d'un meeting virtuel avec d'autres leaders de la droite, Berlusconi a assuré qu'il avait les voix nécessaires mais que, dans un esprit de "responsabilité nationale", il avait demandé à ses soutiens de retirer son nom. "Aujourd'hui, l'Italie a besoin d'unité", a-t-il dit, en référence à l'épidémie de Covid-19. "Je continuerai à servir mon pays autrement".

L'hypothèse Draghi

Mario Draghi, l'actuel Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale, est favori. Mais Silvio Berlusconi, dont le parti Forza Italia participe au gouvernement, préfère qu'il reste à son poste jusqu'aux élections de 2023. "Je juge nécessaire que le gouvernement Draghi termine son travail jusqu'à la fin de la législature", a-t-il dit dans un communiqué transmis par son porte-parole.

Cela permettrait à l'ancien chef de la Banque centrale européenne (BCE) de mener à bien les réformes du système fiscal et judiciaire, et de l'administration, promises en échange des milliards d'euros du plan de relance post-pandémie de l'Union européenne, a-t-il expliqué. Le président de la République italienne, au rôle essentiellement honorifique, exerce un pouvoir considérable en cas de crise politique, qu'il s'agisse de dissoudre le Parlement, de choisir le Premier ministre ou de refuser des mandats à des coalitions fragiles.

Un millier de sénateurs, députés et représentants régionaux commenceront à voter lundi. Pour être élu, il faut deux tiers des voix aux trois premiers tours, puis la majorité absolue aux tours suivants. En raison des mesures de sécurité liées au Covid, chaque tour prendra une journée et, comme le veut la tradition, il n'y a théoriquement pas de candidats officiels.

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