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Italie : Berlusconi commence ses travaux d'intérêt général auprès de malades d'Alzheimer

L'ex-chef du gouvernement italien est arrivé dans un centre spécialisé pour commencer à purger une peine d'un an.

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France Télévisions
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Silvio Berlusconi arrive au centre spécialisé de Cesano Boscone (Italie), le 9 mai 2014. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

C'est le premier jour de Silvio Berlusconi auprès des malades d'Alzheimer. L'ex-président du Conseil italien est arrivé vendredi 9 mai dans un centre spécialisé à Cesano Boscone, dans la région de Milan, pour commencer à purger une peine de travaux d'intérêt général d'un an. Une peine humiliante et symbolique du déclin politique de l'ancien flambloyant chef de gouvernement.

Tiré à quatre épingles en complet bleu, Berlusconi est arrivé un peu en avance à l'Institut Sacra Famiglia. Il s'est fait déposer en voiture juste à l'entrée du bâtiment San Pietro, qui héberge ce type de malades, et en est descendu sans dire un mot à la centaine de journalistes présents, tenus à distance derrière des barrières métalliques. A son arrivée, il a été contesté par un syndicaliste déguisé en clown qui avait réussi à entrer malgré d'importantes mesures de sécurité. "Le rêve des travailleurs italiens est de voir Berlusconi à San Vittore", la prison de Milan, a lancé l'homme, avant d'être emmené par les forces de l'ordre.

Silvio Berlusconi a été condamné à un an de prison (quatre ans dont trois amnistiés) le 1er août 2013 dans le procès Mediaset pour fraude fiscale, une peine qu'il purge sous forme de travaux d'intérêt général. Cette condamnation lui a aussi valu une exclusion du Sénat, une interdiction de vote et son inéligibilité.

"Une grande surprise"

S'occuper une demi-journée par semaine de personnes déficientes mentalement, une tâche difficile à digérer pour cet homme de 77 ans très attaché à son image, fait partie d'un ensemble de contraintes liées à sa peine, dont l'interdiction de quitter la région de Milan, assortie toutefois de la permission de se rendre à Rome du mardi matin au jeudi soir. Les adversaires de l'ex-Cavaliere sont convaincus qu'il utilisera ses passages à Cesano Boscone à des fins électorales avant les européennes, au cours desquelles sa formation, Forza Italia, en perte de vitesse, tentera difficilement de se maintenir au-dessus des 20%.

Il y a deux jours, Silvio Berlusconi s'est défendu de vouloir exploiter la situation à son avantage. Mais il a annoncé "une grande surprise". "Je pense que j'y resterai [à Cesano Boscone] plus longtemps que prévu. Il m'a suffi de dix jours pour tout comprendre du système de soins. (…) Je suis certain que je saurai aider ceux qui en ont besoin et ce sera aussi un enrichissement pour moi", a affirmé l'ex-Premier ministre, connu pour son indécrottable optimisme.

"Je serai saint très bientôt"

Selon son grand ami et ex-présentateur vedette de sa chaîne Retequattro, Emilio Fede, "Berlusconi a étudié à fond la maladie d'Alzheimer. Il fera cela bien, avec humanité." La direction du centre a pour sa part fait savoir que l'ancien dirigeant serait traité à l'instar des autres bénévoles et que son introduction auprès des malades se ferait "graduellement" et toujours en compagnie d'employés spécialisés. "C'est un endroit caractérisé par le calme, il ne peut pas y avoir d'interventions intempestives, nous l'avons expliqué à Berlusconi, qui a compris", a indiqué au journal La Repubblica Massimo Restelli, responsable des pavillons de soins du centre.

Silvio Berlusconi s'est une nouvelle fois dépeint jeudi comme une victime du système judiciaire depuis son entrée en politique en 1994 : "Je pense que je serai saint très bientôt pour toutes les choses injustes que j'ai dû subir." Il effectuera ses TIG sous haute surveillance du tribunal de Milan, qui peut à tout moment révoquer les mesures plutôt clémentes décidées à son endroit, si, par exemple, il recommençait à critiquer la magistrature. 

Les déboires judiciaires de Berlusconi ne s'arrêtent pas à la fraude fiscale. Il devra affronter en juin le procès en appel du Rubygate, dans lequel il est accusé de prostitution de mineure et abus de pouvoir. Il a été condamné en première instance à sept ans de prison. Un autre procès pour corruption de sénateur a débuté ces derniers mois à Naples.

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