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"Bébés volés" du franquisme : une mère retrouve son fils 44 ans après

Marie-José, une mère de famille d'origine espagnole qui vit maintenant à Tours, était sans nouvelles de son bébé depuis le 12 juillet 1969. Après 44 ans de recherches désespérées, elle l'a enfin retrouvé. Fin heureuse pour cette histoire qui s'inscrit dans le scandale des "bébés volés" du franquisme.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Andrea Comas Reuters)

D'origine espagnole, Marie José, a 22 ans lorsqu'elle tombe
enceinte en 1968. Après un accouchement "cauchemardesque" dans un
couvent de Valence, son père l'oblige à abandonner ce bébé conçu hors-mariage, le
confiant aux religieuses. Depuis, malgré un mariage français et un enfant né en 1983, elle cherche son fils.

De son côté, Juan apprend à 14 ans que ses parents ne sont
pas ses parents. Il a été adopté "suite à la mort de ses parents
biologiques dans un accident de voiture"
, lui dit-on.

En 2011, alors que
le scandale des bébés volés éclate en Espagne, sa mère adoptive décède. S'apercevant
que ses parents adoptifs sont notés comme parents biologiques sur son acte de
naissance, il veut comprendre. Après deux années de recherche, une cousine de
sa famille d'adoption finit par lui révéler la vérité : après l'accouchement,
les religieuses ont tout simplement décidé de le vendre. José décide alors de
remuer ciel et terre : ils contactent les associations d'aide de Valence,
qui font rapidement le lien avec l'histoire de Marie-José. Des tests ADN apporteront la preuve qui manquait encore.

 

Révélé fin mai, le lien entre Marie-José et Juan est une libération pour cette maman. Elle rencontrera son fils vendredi prochain, ainsi que son petit-fils de 8 ans.

La porte-parole de l'association des "bébés volés" de Valence dit ne pas
comprendre la réaction des institutions espagnoles. Sur le nombre de familles
victimes, peu de "happy ends" pour le moment.  Pas moins de 3.000 plaintes déposées : 900 encore en cours d'instruction, les autres sont déjà classées.

Difficile de rendre justice

En mai dernier, l'association
n'a pas hésité à demander de l'aide au Vatican. Leur lettre au Pape François expliquait
qu'un obstacle se présentait "lorsque les archives contenant les identités
de mères et d'enfants sont des archives ecclésiastiques".

Soeur Maria Gomez Valbuena est la première et la seule religieuse poursuivie pour le moment. Agée de 87 ans, elle est décédée en janvier dernier, avant sa deuxième audition par la justice.

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