Avoir un enfant après un cancer alors que le traitement vous a rendu infertile, ce n'est pas banal.

En avoir deux c"est simplement extraordinaire.C"est ce qu"a vécu pourtant une Danoise âgée aujourd"hui de trente-deux ans et dont le cas est rapporté dans la revue médicale Human Reproduction.

Stinne Bergholdt avec ses deux enfants
Stinne Bergholdt avec ses deux enfants (DR)

En avoir deux c"est simplement extraordinaire.

C"est ce qu"a vécu pourtant une Danoise âgée aujourd"hui de trente-deux ans et dont le cas est rapporté dans la revue médicale Human Reproduction.

Quand, en 2004, Stinne Bergholdt apprend qu"elle a un cancer, les médecins lui font une étrange proposition. Ils lui demandent son accord pour prélever et ensuite congeler des fragments d"ovaire avant tout traitement par chimiothérapie. Stinne souffre en effet d"un sarcome d"Ewing, une tumeur qui siège sur deux de ses côtes et il va falloir lui administrer plusieurs cures de chimiothérapie avant et après la chirurgie.

En 2005, six fragments sur les treize prélevés sont réimplantés sur l"ovaire droit de Stinne, ovaire que la chimiothérapie a rendu totalement incapable d"ovuler.

Mais la nature reprend peu à peu ses droits et les médecins constatent que les sécrétions hormonales de la jeune femme reprennent. Son ovaire fonctionne à nouveau. Si bien qu"ils peuvent lui proposer de prélever des ovocytes et de les féconder in vitro. Les embryons sont remis dans l"utérus et en février 2007 nait une petite Aviaja.

A l"époque, les naissances après greffe de tissus ovarien se comptaient sur les doigts d"une seule main.

Quelques mois plus tard, Stinne retourne à la clinique car elle veut une seconde fécondation in vitro. Les médecins ne la feront pas. Et pour cause ! Ils constatent, en effet, que Stinne est enceinte par la méthode la plus naturelle qui soit. Et en septembre 2008, Aviaja peut accueillir Lucca, sa petite sœur de 3,800 kg.

C"est la première fois au monde que deux naissances se produisent ainsi chez une même femme après greffe de fragments ovariens.

Il faut dire qu"on ne compte actuellement que neuf ou dix naissances de ce type dans le monde, dont deux en France.

Cette technique est très expérimentale et les naissances rares. Mais les techniques s"améliorent et il est nécessaire que l"information concernant ces prélèvements diffuse auprès des femmes jeunes atteintes d"un cancer. Elles pourront ainsi décider, si le traitement risque de déclencher une ménopause précoce, de pouvoir conserver des fragments congelés d"ovaire.

Plusieurs pays développent cette méthode pour laquelle la France reste encore un peu à la traine.
Tous les détails sont sur le blog santé de Jean-Daniel Flaysakier