Anders Breivik, le tueur en croisade

Le procès du tueur d'Oslo commence ce lundi. Il sera pendant dix semaines la tribune tant souhaitée par le terroriste pour exposer ses thèses xénophobes et extrémistes. Portrait.

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Psychotique, paranoïaque ou schizophrène. Voilà comment la médecine a défini le tueur. Les expertises divergent mais elles s'accordent sur un point : Anders Breivik souffre de problèmes psychologiques. Le tueur d'Utoya ne se barricade pas pour autant derrière ces diagnostics.

Au contraire, être déclaré psychotique est la pire insulte : "L'humiliation ultime. Envoyer un militant politique en asile psychiatrique est plus sadique que le tuer" . Une dernière expertise lui donne raison, il peut être jugé responsable de ces faits. Selon lui, l'attentat à la bombe du 22 juillet 2011 contre le siège du gouvernement à Oslo et la mort de 69 jeunes travaillistes sur l'île d'Utoya sont  justifiés.

L'homme aux yeux de glace déplore ne pas être allé assez loin dans l'horreur. Il est pourtant fier de ses actes. Autoproclamé "commandeur des Chevaliers Templiers", Breivik a exigé qu'on le libère sur le champ lors de son arrestation, qu'on le décore et qu'on le nomme à la tête de l'armée norvégienne.

La police n'a pas pu retrouver la trace de ces Chevaliers Templiers. Breivik a agi seul. Il a chargé ses avocats de démontrer qu'il en est pleinement responsable. Sa défense doit montrer que ses actes ne sont que de l'auto-défense contre l'invasion islamiste. Il a d'ailleurs détaillé son idéologie dans un document diffusé sur Internet le jour-même des attentats.

Dans ce texte interminable, le natif d'Oslo développe son soutien à l'ultranationalisme, à l'islamophobie, au sionisme...Des principes qu'il a partagés pendant dix ans avec un mouvement d'extrême-droite. Le jugeant trop mou, il a claqué la porte en 2007.

Le cas de cet homme de 33 ans a traumatisé la Norvège et mis en lumière les failles d'un modèle tant envié. " Il est typiquement norvégien d'être bon" , avait déclaré la Première ministre Gro Harlem Brundtland en 1994. Anders Breivik a prouvé le contraire.