La justice allemande ouvre la voie au procès d'une ex-secrétaire d'un camp de concentration nazi

Cette femme pourrait être jugée devant une cour spéciale pour mineurs pour les fonctions qu'elle avait assurée dans le camp de concentration de Stutthof, près de Dantzig (Gdansk), alors qu'elle était adolescente.

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Des visiteurs dans le musée de l'ancien centre de concentration nazi de Stutthof, à Sztutowo (Pologne), le 21 juillet 2020. (WOJTEK RADWANSKI / AFP)

Une ancienne secrétaire d'un camp de concentration nazi a été mise en accusation pour "complicité de meurtres dans plus de 10 000 cas", a annoncé la justice allemande, vendredi 5 février. "Dans d'autres cas, elle est poursuivie pour complicité dans des tentatives de meurtres", écrit le parquet d'Itzehoe (Land de Schleswig-Holstein) dans un communiqué. Il s'agirait de la première femme jugée dans une procédure judiciaire contre les exactions nazies, alors que plusieurs hommes ont été poursuivis ces dernières années par la justice allemande.

Le ministre public lui reproche d'avoir, entre juin 1943 et avril 1945, "apporté son aide aux responsables du massacre systématique de prisonniers juifs, de partisans polonais et de prisonniers de guerre soviétiques russes dans sa fonction de sténographe et de secrétaire du commandant de l'ancien camp de concentration de Stutthof", situé à 35 km de la ville de Dantzig (aujourd'hui Gdansk), alors en territoire allemand, aujourd'hui en Pologne. Dans la mesure où "certains prisonniers ont survécu à leur séjour dans le camp malgré les conditions hostiles, certains des actes doivent être évalués judiciairement comme une tentative" de meurtre, précise le parquet.

Plusieurs anciens SS condamnés récemment

Celui-ci n'a pas précisé ni le nom, ni l'âge de l'accusée qui devrait cependant avoir plus de 90 ans. Adolescente entre 1943 et 1945, elle sera éventuellement jugée devant une cour spéciale pour mineurs. La tenue d'un procès n'est toutefois pas encore assurée : la justice doit d'abord décider si, en raison de son grand âge, elle est apte à être renvoyée éventuellement devant un tribunal.

Ces dernières années, l'Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS et élargi aux gardiens de camps le chef d'accusation de complicité de meurtre, illustrant la sévérité accrue, quoique jugée très tardive par les victimes, de sa justice.

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