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L'internationalisation du mouvement Pegida: un début difficile

Dresde, Prague, Calais mais aussi Birmingham, Dublin ou Amsterdam, le mouvement allemand anti-islam et anti-immigration Pegida a tenté d’internationaliser son action, en organisant une journée de manifestations en Europe, le 6 février 2016. Une «européanisation » qui n’a pas rassemblé les foules.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Manifestation de Pegida à Prague. «Stop à l'islam», affirment les manifestants. (Eduard Erben / RIA Novosti)

«Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident», dont l’acronyme en allemand donne Pegida est un mouvement allemand né en 2014. Deux ans plus tard, le mouvement qui semble plafonner en Allemagne, a tenté de s’internationaliser en organisant une journée de défense de la «forteresse Europe» contre l’immigration. Le moment semblait bien choisi pour le mouvement qui entendait surfer sur les questions migratoires, en pointe dans tous les pays européens. Pourtant, les foules étaient loin d’être au rendez-vous, même si des manifestations ont eu lieu un peu partout.

En Allemagne, la presse a donné le chiffre de 8.000 manifestants, soit nettement moins que les plus grosses démonstrations organisées par le mouvement. «Nous devons réussir à garder et à contrôler les frontières externes de l'Europe ainsi que ses frontières internes», a lancé Siegfried Däbritz, un membre de Pegida, devant la foule qui s'était rassemblée au bord de l'Elbe en scandant «Merkel doit partir!» 

Capture écran de la page de Pegida Angleterre (Pegida)

Résultat de cette mobilisation en demi-teinte: «La grande journée d'action de Pegida a plutôt fait un flop», a titré le quotidien conservateur Frankfurt Allgemeine Zeitung.

A Prague, capitale de la République tchèque, des incidents ont éclaté, alors que quelque 5.000 personnes s’étaient rassemblées. «Pour le quotidien de gauche Die Tageszeitung, le président tchèque Milos Zeman n’est pas étranger au succès du mouvement dans son pays : il a "depuis longtemps adopté la rhétorique des islamophobes en affabulant dans ses discours sur les hommes musulmans agressifs qui arrivent en masse en Europe”, et a rendu Pegida “fréquentable” en s’exprimant à la tribune d’un rassemblement du mouvement en novembre 2015»,  a noté Courrier International

A Varsovie, plusieurs centaines de personnes agitaient des drapeaux aux cris de «l'Angleterre et la France en pleurs, voilà comment finit la tolérance». «Nous manifestons conte l'islamisation de l'Europe, nous manifestons contre l'immigration, contre une invasion», a lancé à la foule Robert Winnicki, chef du groupe polonais d'extrême-droite Ruch Narodowy (Mouvement national).


Le seul succès à mettre sans doute au succès de Pegida est son internationalisation avec maintenant des «filiales» au Royaume-Uni ou en France. Même si les manifestations n'ont rassemblé que très peu de monde, elles confirment la volonté d'expansion du mouvement et de la généralisation de cette thématique. En Angleterre, «environ 200 manifestants se sont rassemblés pour la manifestation inaugurale de Pegida au Royaume-Uni, deux fois moins que prévu par la police», a rapporté le Guardian. Le leader du Pegida anglais, venu de la Ligue de défense, Tommy Robinson, a dénoncé «l'influence grandissante de l'Islam».

En France, si un général «en retraite» n’avait pas été arrêté, la manifestation de Pegida à Calais, qui tombait un 6 février, n’aurait fait que quelques lignes tant le nombre de manifestants semblait faible. «Concrètement, Pegida se contente de se greffer sur des groupuscules locaux d'extrême droite», a noté Marianne, citant le chercheur Jean-Yves Camus.

Mais, le site de Pegida France affiche tout de même quelque 11.000 «j’aime». Loin encore des 200.000 «j’aime» de son homologue allemand.

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