L'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" exprime sa "honte" après une falsification d'articles

Le magazine consacre un long dossier à ce scandale, dans un contexte de défiance généralisée envers les médias.

Le siège du \"Spiegel\", à Hambourg, en Allemagne, le 29 novembre 2012.
Le siège du "Spiegel", à Hambourg, en Allemagne, le 29 novembre 2012. (JOHANNES EISELE / AFP)

Der Spiegel, ébranlé par l'affaire de son journaliste vedette qui a falsifié ses articles, a fait part de sa "honte", vendredi 21 décembre. L'hebdomadaire allemand consacre un long dossier à ce scandale, dans un contexte de défiance généralisée envers les médias. "Il nous est arrivé le pire de ce qui peut arriver à une rédaction : pendant des années, nous avons eu dans nos pages des reportages et d'autres textes qui ne rendaient pas compte de la réalité mais qui ont été inventés en partie", écrivent le rédacteur en chef, Dirk Kurbjuweit, et la rédactrice en chef adjointe, Susanne Beyer, dans le numéro à paraître samedi.

"Dire ce qui est"

"Nous sommes vraiment désolés que cela se soit passé", ajoutent-ils aussi, alors que sur la une s'affiche "Dire ce qui est", en référence aux mots prononcés par le fondateur du magazine, Rudolf Augstein. Le magazine, l'un des titres phares de la presse, a révélé mercredi que son journaliste Claas Relotius, récompensé à plusieurs reprises, avait inventé en partie ou intégralement des articles qu'il a écrits pour le titre, en particulier des reportages remarqués aux Etats-Unis ou avec des enfants syriens.

En 2017, Claas Retolius avait par exemple brossé le portrait d'une petite ville américaine qui avait massivement voté pour Donald Trump. Il décrivait notamment un panneau à l'entrée de la cité clamant que les Mexicains n'étaient pas les bienvenus. Ce panneau n'a jamais existé. C'est finalement avec un autre reportage, à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, que le journaliste de 33 ans a été démasqué. Un de ses collègues, qui commençait à avoir de sérieux doutes, est retourné sur les lieux rencontrer les prétendus interlocuteurs du journaliste qui ont affirmé n'avoir jamais rencontré de reporter allemand. Der Spiegel s'est engagé à tirer les conséquences de cette affaire via la mise sur pied d'une commission.