L'Allemagne envisage la gratuité des transports en commun en ville

Avec ce dispositif anti-pollution, Berlin espère convaincre l'exécutif européen de ne pas saisir la Cour de justice à son encontre.

Un métro entre dans la station Schlossstrasse, le 27 février 2017, à Berlin (Allemagne).
Un métro entre dans la station Schlossstrasse, le 27 février 2017, à Berlin (Allemagne). (FABRIZIO BENSCH / REUTERS)

Révolution tarifaire outre-Rhin ? Le gouvernement allemand réfléchit à la gratuité des transports publics dans les villes, selon un courrier de trois ministres adressé, dimanche 11 février, à la Commission européenne. Destinée à améliorer la qualité de l'air, cette mesure viserait à échapper à des poursuites devant la justice européenne.

Cette mesure pourrait être testée dans cinq villes allemandes : Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim. Elle pourrait, selon le projet soumis par Berlin, entrer en vigueur "au plus tard à la fin de l'année".

Bruxelles menace de saisir la Cour de justice

Avec ce dispositif, qui figurerait dans un paquet de mesures plus large, Berlin espère convaincre l'exécutif européen de ne pas saisir la Cour de justice à son encontre. Bruxelles est exaspéré devant l'absence de propositions de neufs Etats, dont la France, pour réduire la pollution de l'air dans les villes, en dépit de nombreuses mises en demeure adressées par le passé.

Les neuf pays avaient été sommés de s'expliquer, fin janvier, alors qu'ils dépassent régulièrement les limites d'émissions destinées à protéger la santé des Européens pour deux polluants clés : les particules fines (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2).

Quels financements ?

Les dernières propositions de Berlin interviennent aussi à un moment où les autorités sont sous pression au sujet du diesel, avec le risque de voir certaines villes interdire les véhicules roulant au gazole pour réduire les émissions polluantes.

L'idée d'instaurer des transports publics gratuits en ville suscite toutefois des réserves en Allemagne. "Le gouvernement fédéral doit dire comment il veut financer cela", a prévenu le président d'une fédération de régies communales.