Berlin, base arrière du terrorisme tchétchène ?

L’information est surprenante, et interpelle les forces de sécurité allemandes. Brusquement le pays fait figure d’Eldorado pour des migrants tchétchènes qui demandent l’asile. 9.000 pour le premier semestre 2013. Soit le triple de toute l’année 2012. Berlin, tout comme Moscou, craint que parmi eux ne se cachent des terroristes.

Dokou Oumarov chef des islamistes tchétchènes
Dokou Oumarov chef des islamistes tchétchènes (AFP HO / SITE INTELLIGENCE GROUP)

Premier constat, les frontières sont des passoires.
De la Tchétchénie à l’Allemagne il y a du chemin, et pas mal de frontières à passer. Selon la police allemande, un réseau existe, ne serait-ce qu’en raison du nombre de demandeurs d’asile. Un réseau qui aiderait les Tchéchènes à passer, et donnerait également la marche à suivre pour ceux qui veulent obtenir le statut de réfugié, une fois en Allemagne.

Il semble que les candidats à l’exil profiteraient de leur passeport russe pour passer la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Une fois en Pologne, pays membre de l’Union européenne, atteindre l’Allemagne ne pose aucun problème.
Une autre voie passerait par la République tchèque.
  
Pourquoi un tel flux ?
3202 Russes candidats à l’exil en Allemagne en 2012. 10.000 pour les six premiers mois de 2013, dont 9000 Tchétchènes. Un quart a obtenu le statut. Une telle explosion des chiffres ne s’explique pas par un soudain attrait pour l'économie allemande.

En fait, une rumeur court en Tchétchénie, selon laquelle l’Allemagne aurait ouvert les portes pour accueillir 40.000 Tchétchènes. Mieux encore, un pécule de 4000 euros attendrait les exilés. Malgré les dénégations de Berlin rien n’y fait , et le flot ne tarit pas. Peut être entretenu par les passeurs qui exploitent le filon.
  
L'Emirat du Caucase
Tout ceci resterait gentiment anecdotique si parmi ces réfugiés ne se trouvaient peut-être, des islamistes se revendiquant de l’Emirat du Caucase. Ils seraient de l’ordre de 200 sur le sol allemand..
 
L’Emirat du Caucase, est un pays virtuel, autoproclamé par les islamistes du nord Caucase. Il regroupe plusieurs régions : Daguestan, Ingouchie, Ossétie, Tchétchénie. A la tête de l’Emirat,  Dokou Oumarov, rêve d’indépendance vis-à-vis de Moscou, et d’établir la charia sur cette région.

Dokou Oumarov est le pire ennemi de Vladimir Poutine. Tenant d’un islam radical, il a revendiqué deux attentats particulièrement meurtriers à Moscou en 2010 dans le métro (40 morts) et en  2011 à l’aéroport de Domodedovo (36 morts).

«Pratiquement, tous les leaders de l'Emirat du Caucase qui se trouvent en Allemagne sont arrivés dans le pays récemment en se faisant passer pour des réfugiés» a déclaré un représentant allemand. Des réfugiés très actifs qui recrutent et récoltent des dons.
 
Le risque d’une base arrière
L’Allemagne pourrait donc devenir une base arrière pour ces terroristes d’où ils piloteraient de futurs attentats. Une menace bien réelle, Dokou Oumanov a appelé à des attaques contre les J.O. de Sotchi en 2014 (voir la vidéo au dessus)

Aussi  les services secrets de Russie et d’Allemagne collaborent. D'après la presse berlinoise, en mai dernier, le FSB avait mis en garde les services allemands contre d'éventuels attentats, Il était question d'une certaine "opération en Allemagne" dans les conversations téléphoniques des terroristes islamiques interceptées.

L'un des terroristes supposés, un demandeur d'asile tchétchène âgé de 18 ans, a été placé en isolement par précaution pendant la visite à Berlin du président américain le 19 juin dernier.