Allemagne : le boom du cricket avec l’afflux des migrants afghans et pakistanais

En 2015, près d’un demi-million de migrants ont demandé l’asile en Allemagne. Parmi eux, plus de 40 mille Afghans et Pakistanais et donc de nombreux amateurs de cricket. Depuis, le sport roi en Asie du sud connaît un essor sans précédent dans le pays.

Des réfugiés afghans lors d\'un entraînement de cricket  le 30 avril 2016, en compagnie du président de la fédération allemande.
Des réfugiés afghans lors d'un entraînement de cricket  le 30 avril 2016, en compagnie du président de la fédération allemande. (AFP/ Sascha SCHÜRMANN )

Il y a quatre ans, l’Allemagne comptait à peine 1.500 joueurs professionnels de cricket répartis dans 70 équipes. Les Allemands préfèrent le football et ont déjà gagné quatre fois la Coupe du monde. Mais avec l’afflux des migrants Afghans et Pakistanais, le cricket gagne du terrain et la discipline, jusque là marginale, connaît désormais un franc succès avec 4000 joueurs et 215 équipes.
 
Une fédération allemande débordée
Dès leur arrivée en Allemagne, de nombreux Afghans et Pakistanais pratiquant le cricket ont cherché des clubs où jouer. Les demandes se multipliaient à la fédération allemande (DCB) qui n’arrivait plus à les satisfaire faute de moyens. Des demandes émanaient aussi «souvent de travailleurs sociaux qui n’avaient jamais entendu parler de cricket avant que les réfugiés n’abordent le sujet» souligne à l’AFP le président de la fédération Brian Mantle.
 
A la recherche de sponsors
Pour faire face à ce succès inattendu, la fédération allemande compte d’abord sur les dons de battes, balles et vêtements faits par les clubs existants mais les aides se sont taries. «Nous recherchons désespérément des sponsors ou des financements» précise le président de la fédération qui souhaiter installer de nouveaux terrains de cricket. La fédération internationale a mis la main à la poche en augmentant sa dotation annuelle.
 
Les Afghans dans l’équipe nationale
L’équipe nationale allemande des moins de 19 ans est aujourd’hui à moitié composée d’Afghans. «Le sport peut aider les gens à s’intégrer» note Arfilah Jamal, un Afghan de 21 ans qui a trouvé une place dans l’équipe nationale après son arrivée en Allemagne en 2009. Il est aujourd’hui capitaine de d’une équipe de réfugiés qui évolue au niveau régional.
L’ancien candidat à l’asile a été salué pour son engagement auprès des réfugiés et pour la promotion du cricket dans la ville d’Essen, dans l’ouest de l’Allemagne.