Allemagne : "Je suis national et socialiste", pas "nazi", clame une manifestante mobilisée contre les migrants à Chemnitz

Plus d’un millier de personnes, hostiles à la politique migratoire d'Angela Merkel, ont de nouveau défilé jeudi à Chemnitz, en Allemagne, à l'appel de l'extrême droite.

En Allemagne, à Chemnitz, jeudi 30 août, un rassemblement à l\'appel du groupe d\'extrême droite Pro Chemnitz. 
En Allemagne, à Chemnitz, jeudi 30 août, un rassemblement à l'appel du groupe d'extrême droite Pro Chemnitz.  (ODD ANDERSEN / AFP)

Plus d’un millier de personnes ont de nouveau défilé ce jeudi soir à Chemnitz, en Allemagne. Cette ville de l’ex-RDA, dans la région de Saxe est devenue l’épicentre de la contestation anti-migrants, après le meurtre d’un Allemand de 35 ans, le 26 août, pour lequel deux étrangers sont souçonnés. 

Une nouvelle mobilisation contre les migrants à Chemnitz - un reportage de Nathalie Versieux
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À Chemnitz, jeudi soir, l'habituel refrain de l'extrême droite est scandé par plusieurs centaines de personnes. Elles demandent à la chancelière, Angela Merkel de "partir". Les manifestants ont de nouveau répondu à l'appel du groupe d'extrême droite Pro Chemnitz. Dans les rangs du défilé, sont présents beaucoup d'hommes, surtout des jeunes, vêtus de noir, crâne rasé ou cheveux très courts. Parmi les femmes, Ramona, 60 ans, est venue des environs pour protester, elle aussi, contre la politique migratoire d'Angela Merkel. Elle se dit révoltée que les gens comme elle soient présentés comme des nazis par la presse allemande. "Ça, c’est vraiment le pire !", s’exclame-t-elle. "Nazi, ça veut dire national socialiste. National et socialiste, qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? Le mot nazi a un drôle d'arrière-goût. Mais si on définit bien les choses, je suis national, car j'aime ma nation. Et je suis socialiste", se défend-elle. 

À quelques pas de là, Mario, 40 ans et Heiko, 47 ans, se plaignent ouvertement de la présence des étrangers. Ils prennent l’exemple de leurs loisirs pour appuyer leurs arguments. "Pendant des années, on est allés à la piscine. Il ne se passait jamais rien. Et voilà que depuis deux ans, on nous a mis un service de sécurité à la piscine, racontent-ils. Les enfants ne peuvent plus bouger librement, les autres non plus, parce qu’ils tripotent les filles ou que les vestiaires sont cambriolés." À Chemnitz, la forte présence policière déployée jeudi a permis d'éviter de nouveaux débordements