À Strasbourg, le pape invite l'Europe à renouer avec l'humain

En visite express à Strasbourg, le pape François a prononcé mardi deux discours, devant les institutions européennes. Parlant de l'Europe comme d'une "grand-mère", il a insisté sur la personne humaine, à laquelle elle devrait accorder plus d'importance selon lui, tout comme aux grands idéaux originels.

(Le pape François devant le Conseil de l'Europe © RADIO FRANCE/Anaïs Feuga)

L'humain plutôt que l'économie. Ce message, le pape François est venu le porter ce mardi à Strasbourg, où le souverain pontife était invité par le président du Parlement européen, Martin Schulz. La dernière (et seule) visite d'un pape avait eu lieu en 1988. Jean-Paul II était venu s'exprimer, un an avant la chute du mur de Berlin.

Cette fois, devant le Parlement européen puis le Conseil de l'Europe, François a livré deux discours dans lesquels il a souhaité insister sur les valeurs de l'Europe, en danger, et la nécessité de remettre l'homme au centre des préoccupations.

"D'un peu partout, on a une impression générale de fatigue et de vieillissement, d'une Europe grand-mère et non plus féconde et vivante. Les grands idéaux qui ont inspiré l'Europe semblent avoir perdu leur force attractive, en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions" (le pape François)

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Lutter contre les extrémismes en Europe

Face à la montée des extrémismes et populismes en Europe, visible notamment dans le résultat des élections européennes de mai dernier, le pape s'est montré déterminé :

"Je suis convaincu qu'une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d'aujourd'hui, et aussi contre le grand vide d'idées auquel nous assistons en Occident"

Le pape François : "C'est l'oubli de Dieu qui engendre la violence"
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Enfin, le pape François a abordé la question des migrants : "On ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière ". Un message délivré devant les députés européens, et suivi en direct par les fidèles dans la cathédrale de Strasbourg, mais qui n'a pas mobilisé les foules. Après sa visite express de quatre heures, le pape est reparti en longeant des rues vides.