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États-Unis : la liste noire du terrorisme compte... plus de 460.000 noms

Le site Internet The Intercept a publié mercredi la liste noire du terrorisme rédigée par les hautes autorités du renseignement américain, contenant près de 500.000 noms, dont des morts, dans une totale opacité. Il apparaît qu'il est très facile d'y entrer, mais extrêmement difficile d'en sortir, de simples soupçons étayés sur le web pouvant parfois suffire.
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Radio France
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 (Des caméras de surveillance à Times Square, New York © Reuters/Eric Thayer)

Prescriptions médicales, amendes pour excès de vitesse, cartes de supermarché, informations sur votre chien, ou encore analyse de ce que vous avez dans les poches... Les agences de renseignements gouvernementales américaines ne reculent devant rien pour alimenter leur liste noire du terrorisme. C'est ce que montre le document non classifié, publié mercredi par le site Internet The Intercept, fondé par le journaliste Glenn Greenwald, déjà à l'origine des révélations sur Edward Snowden.

Dans les 166 pages du document rédigé par le Centre national du Contre-terrorisme (NCTC), on découvre quelque 464.000 noms listés. Ils ont été couchés sur papier en mars 2013, en collaboration avec les 19 agences du renseignement aux États-Unis (dont la CIA, la Sécurité intérieure, la NSA...). Et certaines phrases sont étonnantes, comme celle qui explique que "les preuves irréfutables et les faits concrets ne sont pas nécessaires " pour établir des soupçons de l'implication d'un Américain ou d'un étranger dans un acte terroriste. La preuve : même les morts ne sont pas rayés de la liste, car le NCTC craint que leur identité soit réutilisée par des terroristes potentiels, de manière frauduleuse.

 (Le document publié par The Intercept © Capture d'écran/TheIntercept)

Augmentation exponentielle depuis le 11 septembre

Cette liste noire a connu une explosion de noms depuis les attentats du 11 septembre 2001. Avant, elle ne comptait que 16 noms ; elle en comprenait, en 2013, 463.834. Depuis douze ans, la menace terroriste a augmenté, évolué, et ne cesse de changer de forme, plaide le NCTC pour expliquer cette augmentation exponentielle. Avec l'explosion des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, récolter des informations, même parcellaires, est également devenu plus simple. Problème, le document publié par The Intercept montre bien le caractère non prouvé de beaucoup d'éléments recueillis sur Internet.

Et cela peut avoir de sérieuses conséquences, par exemple pour les citoyens inscrits sur la "No Fly List", qui leur interdit de prendre l'avion. Même si le NCTC parle de "critères renforcés " pour y entrer, un citoyen américain ne saura jamais s'il fait partie de cette liste. Et, le document le souligne, il peut rester sur la liste noire même après avoir été acquitté de terrorisme.

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