Etats-Unis : des bons d'achats en échange d'armes à feu

Une semaine après la tuerie de Newtown, plusieurs villes américaines ont mis en place un système d'échange d'armes à feu contre les bons d'achat dans une chaîne d'épicerie. L'opération a un effet symbolique sur la criminalité mais elle s'accompagne d'une volonté grandissante de renforcer les lois sur le port d'armes aux Etats-Unis.

(David McNew Reuters)

100 dollars de bons d'achats le révolver et 200 dollars
l'arme automatique. Voilà le barème proposé par la ville de Los Angeles à ses
habitants pour tenter de limiter le nombre de possesseurs d'armes à feux après
la tuerie de Newtown. L'échange est encadré par la police municipale, qui
s'engage à ne poser aucune question sur la provenance ou l'usage des pistolets
ou fusils déposés. Une campagne également menée à Détroit, Boston ou encore à San
Diego.

Est-ce réellement efficace ?

L'opération a déjà été menée en mai dernier à Los Angeles.
La police avait alors récupéré 1.673 armes à feu. Une goutte d'eau si l'on
considère les 270 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, d'après
le décompte de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Par
ailleurs, plusieurs experts notent l'effet symbolique sur la lutte contre la
violence armée car la plupart des armes récupérées sont hors d'âge ou héritées.

S'attaquer à "la culture de la violence"

Si les bons d'achat ne changent pas réellement la donne, il
s'agit surtout de surfer sur l'évolution des mentalités après la tuerie de Newtown.  "Il
y a un certain nombre de choses que nous pouvons faire. Ceci n'est qu'une
possibilité. Nous devons aussi nous attaquer à la 'culture de la violence' dans
notre pays
", explique le maire de Los Angeles. Et de fait, selon un
sondage publié ce jeudi dans les colonnes du journal USA Today, 58% des
Américains se disent désormais favorables à des lois plus strictes sur les
ventes d'armes. Ils n'étaient que 43% en octobre 2011.

Le lobby des armes minimise

Les opérations bons d'achat et les sondages n'impressionnent
pas les défenseurs des armes. "Je suis surpris que ces chiffres ne soient
pas plus élevés compte tenu des attaques incessantes contre les armes à feu la
semaine passée
", lance David Keene, président de la NRA. Et le lobby des
armes peut compter sur l'Etat d'Arizona parmi ses soutiens. Son ministre de la
Justice envisage d'armer les directeurs d'écoles pour éviter le scénario de
Newtown.