La NSA espionnerait aussi "World of Warcraft" ou "Second Life"

L'espionnage des plateformes de jeux telles que  "World of Warcraft" ou "Second Life" serait aussi une activité des services secrets américains ou britanniques dans l'espoir de repérer des communications de réseaux terroristes.

Des visiteurs jouent à World of Warcraft au Gamescom, le salon du jeu vidéo de Cologne (Allemagne), le 17 août 2011.
Des visiteurs jouent à World of Warcraft au Gamescom, le salon du jeu vidéo de Cologne (Allemagne), le 17 août 2011. (INA FASSBENDER / REUTERS)

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne espionnent les gigantesques plateformes de jeux en ligne, comme "Second Life" ou "World of Warcraft", avec la crainte que des extrémistes les utilisent pour communiquer et planifier des attentats, a affirmé lundi le New York Times.

Des espions créent ainsi des personnages dans ces jeux très populaires pour surveiller, collecter des informations et recruter des informateurs, selon le New York Times qui s'appuie sur de nouveaux documents transmis par Edward Snowden, l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA), réfugié à Moscou.

"Les documents montrent que des agents du renseignement, craignant que des réseaux terroristes ou criminels n'utilisent ces jeux pour communiquer secrètement, transférer de l'argent ou planifier des attentats, ont pris position dans ces mondes peuplés d'avatars numériques qui incluent des elfes, des gnomes ou des top-modèles", note le New York Times.

"Les jeux et les mondes virtuels ouvrent de nombreuses possibilités", explique l'agence américaine dans ces documents datés d'il y a cinq ans.

"Nous savons que les terroristes utilisent les nombreuses possibilités d'internet, comme les courriels, les chats, les proxies ou les forums, pour des opérations futures, et il est très probable qu'ils utilisent les moyens de communications oferts par les jeux et ces environnements virtuels", poursuit le rapport cité par le quotidien américain, le Guardian et ProPublica.

"Les espions ont créé des personnages pour fouiner et essayer de recruter des informateurs, tout en collectant des données et le contenu de communications entre joueurs", ajoute le rapport.

"Les militants se servent souvent de subterfuges dignes de jeux vidéos --fausses identités, voix, messageries instantanées-- pour conclure des transactions financières, et les espions américains et britanniques craignent qu'ils n'opèrent dans ces jeux", reprend le quotidien.

Le quotidien cite notamment "America's Army", un jeu de tirs conçu par l'armée américaine et téléchargeable gratuitement sur son site internet. "Ce jeu est si bon pour identifier des futurs recrues qu'il est utilisé comme exercice d'entraînement", avance le rapport. Le Hezbollah urait crée le même type de jeu pour recruter et entraîner de futurs candidats aux attentats-suicides.

"Non contents d'espionner les courriers électroniques, de mettre sur écoute les téléphones, d'affaiblir les standards d'encryptage, d'utiliser des techniques élaborées pour installer des logiciels espions sur les ordinateurs, ils ont besoin d'étendre leur champ d'action à "Middle Earth" et à la Xbox Live", a déclaré sur son blog, Graham Cluley, un spécialiste de la sécurité informatique.

Microsoft et Blizzard Entertainment (concepteur de World of Warcraft) ont expliqué dans deux communiqués séparés ignorer que leurs monde virtuels faisaient l'objet de surveillance.

Ces nouvelles révélations interviennent le jour où huit géants d'internet (Microsoft, Google, Apple, Facebook, LinkedIn, Yahoo!, AOL et Twitter) ont demandé au président américain Barack Obama d'encadrer les pratiques de surveillance, les révélations d'Edward Snowden ayant sérieusement entamé leur capital confiance auprès des utilisateurs.