Bus banalisé, appels au calme... Le match Gérone-Real, symbole du bras de fer entre Puigdemont et Rajoy

Les deux équipes s'affrontent dimanche dans le cadre de la 10e journée du championnat espagnol. Gérone est l'équipe du dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont. Le Real est celle du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Cristiano Ronaldo célèbre son but pour le Real face à l\'Atlético, le 2 mai 2017, en demi-finale de la Ligue des champions à Madrid (Espagne).
Cristiano Ronaldo célèbre son but pour le Real face à l'Atlético, le 2 mai 2017, en demi-finale de la Ligue des champions à Madrid (Espagne). (GERARD JULIEN / AFP)

Dans un autre contexte, c'est un match dont la presse espagnole parlerait assez peu. Avec d'un côté, Gérone le petit. Et de l'autre, le Real Madrid, le géant. Il suffit d'ailleurs de regarder le classement de la Liga. Avant le coup d'envoi de la rencontre, dimanche 29 octobre, onze points séparent les deux équipes. Mais voilà, la crise catalane a changé la donne. Au point de transformer ce match a priori déséquilibré en une affiche ultra-commentée. 

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Gérone l’indépendantiste contre Real l’Espagnole

A travers cette rencontre, il faut y voir un autre duel entre Carles Puigdemont et Mariano Rajoy. Gérone, c’est le cœur de la Catalogne indépendantiste, c'est aussi la ville de naissance du président destitué du Parlement catalan. C'est donc tout naturellement qu'il supporte les "Blanquivermells" ("blanc et rouge"). Au point d'en être membre d'honneur. 

A l'inverse, le Real, c’est l’équipe "représentative de l’Espagne, au même titre que la sélection espagnole", explique Eduardo Gonzalez Calleja, professeur d’histoire contemporaine à l’université Carlos III de Madrid. Pas surprenant, donc, que le Premier ministre espagnol en soit un fervent supporter. 

Des mesures de sécurité renforcées 

Pour éviter les débordements, les autorités ont décidé de renforcer la sécurité autour et dans le stade. Par précaution, le Real Madrid devrait se rendre au stade de Montilivi (13 200 places) dans un car banalisé, comme c'est déjà le cas les jours de clasico contre le FC Barcelone. Le club craint des représailles sur ses joueurs, écrit Marca (lien en espagnol).

Des appels au calme lancés

De leur côté, les dirigeants des deux clubs ont appelé au calme. "Nous ne sommes pas préoccupés parce que la sécurité pour ce match sera là, comme d’habitude, a dédramatisé Zinédine Zidane, l'entraîneur du Real. Nous allons jouer un match de football, sans penser à autre chose."

Bien sûr, on suit et on regarde ce qu’il en est de la situation. Mais nous, on se concentre uniquement sur le match.Zinédine Zidane

Son homologue de Gérone, Pablo Machin, dit s’attendre à une belle affiche. "Le public de Montilivi sait se tenir, soutenir son équipe et respecter l’adversaire", promet-il.