Catalogne : en refusant des élections, Carles Puigdemont "a cédé à l'aile la plus dure de son mouvement indépendantiste"

Christophe Barret, historien spécialiste de l'Espagne, a estimé, vendredi sur franceinfo, que le président catalan Carles Puigdemont s'est décrédibilisé à force de ne rien décider.

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, le 26 octobre 2017, après une session du Parlement catalan.
Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, le 26 octobre 2017, après une session du Parlement catalan. (JOSEP LAGO / AFP)

"Carles Puigdemont a cédé à l'aile la plus dure de son mouvement indépendantiste" en refusant des élections, a estimé, vendredi 27 octobre sur franceinfo, Christophe Barret, historien spécialiste de l'Espagne.

Carles Puigdemont, président de la Catalogne, a renoncé jeudi à convoquer des élections régionales anticipées et n'a toujours pas déclaré l'indépendance de la Catalogne. À Madrid, le Sénat doit approuver, vendredi, l'article 155 pour permettre au gouvernement espagnol de prendre le contrôle de la Catalogne.

franceinfo : Carles Puigdemont laisse-t-il les mains libres au Parlement ?

Christophe Barret : M. Puigdemont a cédé à l'aile la plus dure de son mouvement indépendantiste. Le parti indépendantiste catalan au pouvoir, c'est en fait trois partis. Il y a une ultra gauche, une gauche et une droite qui est devenue indépendantiste. Jeudi, il y a eu tergiversation, il y a eu menace de la part des plus radicaux de quitter la majorité et c'est probablement vers une déclaration d'indépendance qu'on s'achemine. Il avait plusieurs possibilités : proposer de nouvelles élections, annoncer la déclaration d'indépendance, la tenue d'élections pour  une assemblée constituante. Rien de tout cela ne s'est fait sous la pression des plus radicaux. Ils vont commencer à organiser des manifestations de rue et le leader de la gauche républicaine l'a même comparé à Judas.

Ne s'est-il pas décrédibilisé à force de ne rien décider ?

Tout à fait. Depuis 15 jours, il marque le pas. Dans un sport de combat, quand vous marquez le pas et bien c'est l'adversaire qui avance. C'est Mariano Rajoy qui avance, qui depuis Madrid est en train d'activer ce fameux article 155 pour reprendre les rênes.

Cela fait-il le jeu du gouvernement ?

Oui pour l'instant, à moins que l'on soit encore dans le jeu action-répression-action. C'est le vieux triptyque qui mène toute la lutte pour la gauche de la gauche indépendantiste et à laquelle répond le tout répressif de Rajoy. Effectivement, la situation est de plus en plus tendue.

Carles Puigdemont "apparaît comme un modéré aujourd'hui", Christophe Barret
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