"Avec lui, on a des doutes" : en Espagne, les Catalans prudents après la victoire de Pedro Sanchez

Le Premier ministre socialiste sortant, Pedro Sanchez, a remporté les élections législatives en Espagne, mais aura sans doute besoin des indépendantistes catalans pour pouvoir gouverner.

Le leader du PSOE Pedro Sanchez au soir de sa victoire lors des élections législatives en Espagne, le 28 avril 2019.
Le leader du PSOE Pedro Sanchez au soir de sa victoire lors des élections législatives en Espagne, le 28 avril 2019. (JAVIER SORIANO / AFP)

Assise sur un banc, Juana, indépendantiste catalane convaincue, feuillette nerveusement le journal. En première page, le vainqueur socialiste Pedro Sanchez s'affiche après sa victoire lors des élections législatives espagnoles, dimanche 28 avril. Le Premier ministre sortant est arrivé en tête avec 28,7% des suffrages, mais il n'a pas obtenu la majorité absolue. Il doit trouver 53 sièges et pourrait demander le soutien des cinq députés catalans élus alors qu'il sont emprisonnés et sur le banc des accusés.

Les indépendantistes prudents, les opposants méfiants

Pedro Sanchez a toujours été opposé à tout référendum d’autodétermination en Catalogne. "Il l'a déjà dit : 'L'indépendance, c'est non, non, non !' Quand on demande pourquoi, il dit qu’il ne veut pas", rappelle Juana. Pour l'indépendantiste qu'elle est, le leader du PSOE "n’a rien fait quand il pouvait faire quelque chose".

Francesco est aussi en faveur de l’autonomie de la Catalogne, mais pour lui Pedro Sanchez est au contraire le meilleur interlocuteur que les indépendantistes puissent avoir. Le leader socialiste "a envie de régler les choses. Avec cette personne on peut parler et peut-être trouver un accord", espère celui qui était plus "préoccupé par le parti d'extrême droite Vox".

Si un parti constitutionnaliste avait gagné il n’y aurait aucune alliance, mais avec lui, on a des doutes.Laura
opposante à l'indépendance de la Catalogne
à franceinfo

Laura, elle, est contre l’indépendance. Elle a très peur que le leader socialiste s’allie à la gauche républicaine indépendantiste, arrivée en tête dans la région. La Catalane "pense que s’il pactise avec les indépendantistes, ce serait très mauvais pour la Catalogne". Laura estime que Pedro Sanchez "a déjà assez parlé avec eux". Mais, le Premier ministre sortant qui n’a pas obtenu de majorité absolue, pourrait avoir besoin des Catalans pour gouverner. Ces derniers seraient prêts à monnayer très cher leur soutien.

Reportage de Mélanie Nunes
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