Poussée socialiste, irruption de l'extrême droite... Ce qu'il faut retenir des législatives en Espagne

Le Parti socialiste a recueilli près de 29% des voix, en nette hausse par rapport à 2016, mais loin de la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul.

Pedro Sanchez salue ses partisans, le 28 avril 2019, à Madrid (Espagne).
Pedro Sanchez salue ses partisans, le 28 avril 2019, à Madrid (Espagne). (A. WARE / NURPHOTO / AFP)

Soulagement pour Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement sortant en Espagne, leader du Parti socialiste espagnol (PSOE), a réussi à surmonter une concurrence féroce et inédite aux élections législatives anticipées, dimanche 28 avril, en arrivant en tête avec 28,7% des voix. Voici ce qu'il faut retenir de ce scrutin national, le troisième en quatre ans dans ce pays marqué par une forte instabilité politique.

Pedro Sanchez en sort renforcé

Le PSOE a obtenu 123 sièges de députés, sur les 350 que compte le Parlement. Il s'agit d'un gain de 45% en nombre d'élus pour la formation de gauche, qui en avait remporté 85 aux législatives en 2016. "Les socialistes ont remporté les législatives", s'est félicité Pedro Sanchez, avec un large sourire, dimanche soir, devant ses partisans à Madrid.

Grand perdant du scrutin, le Parti populaire (droite) doit se contenter de 66 sièges, contre 137 en 2016. Ciudadanos (centre-droit) arrive troisième, avec 57 sièges, soit près du double de son précédent résultat. En repli, Podemos (extrême gauche) doit se contenter de la quatrième place, avec 42 élus.

L'extrême droite entre au Parlement

Plus de 40 ans après la fin de la dictature de Francisco Franco, le mouvement d'extrême droite Vox signe une entrée remarquée au Parlement. Il obtient 24 sièges, après avoir séduit 2,7 millions d'électeurs et recueilli 10,3% des voix. Ce total est toutefois inférieur à ce qu'il pouvait espérer pour peser sur la formation du futur gouvernement. "Les sondages prévoyaient jusqu'à 35 ou 40 sièges, donc c'est un succès en demi-teinte", confirme à franceinfo l'historien spécialiste de l'Espagne Benoît Pellistrandi.

"Vox est venu pour rester", a réagi le chef du parti, Santiago Abascal, promettant que ce résultat constituait le début de "la reconquête""La gauche sait que la fête est finie", a lancé son bras droit, Javier Ortega Smith. En France, Marine Le Pen a salué cette "entrée fracassante".

Il va falloir trouver une majorité

Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin dernier en renversant le conservateur Mariano Rajoy grâce à une motion de censure, n'a pas obtenu la majorité absolue (176 sièges). A moins de continuer à diriger le pays avec un exécutif minoritaire, il va devoir former un gouvernement de coalition, une première depuis le retour à la démocratie en Espagne à la fin des années 1970.

Avec qui ? Podemos s'est dit prêt, dès dimanche, à discuter d'une coalition avec le PSOE. Il manquerait toutefois 11 autres élus à séduire. L'appui de formations régionales, notamment des nationalistes basques (10 sièges) et des séparatistes catalans (22 sièges), pourrait être nécessaire. 

Une autre possibilité pourrait être une alliance entre le PSOE et Ciudadanos, qui disposeraient à eux deux de la majorité. Le chef du parti centriste, Albert Rivera, a toutefois dit, durant la campagne, qu'il excluait un accord avec Pedro Sanchez. Ce dernier avait lui-même souligné que cette idée ne figurait pas dans ses projets – ce qu'il a semblé confirmer dimanche soir.

D'autres élections locales et régionales sont prévues le 26 mai prochain en Espagne, parallèlement aux élections européennes, ce qui risque de retarder les négociations en vue de former un gouvernement.