Espagne : exilé à Abu Dhabi, l'ex-roi Juan Carlos règle une nouvelle dette au fisc

En reconnaissant avoir soustrait des revenus au fisc et en régularisant sa situation, l'ancien monarque tente d'éviter des poursuites, sur lesquelles la justice espagnole n'a pas encore pris de décision.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, le 6 décembre 2018 à Madrid. (OSCAR DEL POZO / AFP)

Agé de 83 ans, Juan Carlos espérait sans doute passer ses vieux jours d'une autre manière. Cerné par les enquêtes et en exil à Abu Dhabi, l'ex-roi d'Espagne a réglé au fisc une nouvelle dette de près de 4,4 millions d'euros, a confirmé son avocat vendredi 26 février. Une opération destinée à éviter des poursuites judiciaires, mais qui sape encore un peu plus à la fois son image et celle de la monarchie.

Ce versement a pour but de régulariser les obligations fiscales découlant de vols en jet privé dont l'ancien monarque avait bénéficié, et qui avaient été payés par une fondation basée au Liechtenstein appartenant à l'un de ses cousins éloignés. C'est la deuxième fois que l'ancien souverain règle ainsi ses dettes avec l'administration fiscale.

Le Premier ministre affiche sa "répulsion"

En décembre, Juan Carlos avait déjà versé près de 680 000 euros, une régularisation liée à une enquête anticorruption portant sur l'utilisation par l'ancien roi de cartes de crédit liées à des comptes bancaires aux noms d'un entrepreneur mexicain et d'un officier de l'armée de l'air espagnole. Dans cette affaire, la justice cherche à déterminer s'il a utilisé des prête-noms pour blanchir de l'argent après 2014, date de son abdication et donc de la fin de son immunité de chef d'Etat.

En reconnaissant avoir soustrait des revenus au fisc, l'ancien monarque tente d'éviter des poursuites. Mais la justice, qui cherche à déterminer l'origine des fonds ayant permis de payer cette régularisation, n'a pas encore pris de décision à ce sujet.

Pedro Sánchez a exprimé vendredi sa "répulsion" à l'égard de la "conduite incivique" de Juan Carlos. Mais le chef du gouvernement espagnol a tenté de ménager la monarchie. "Ici, ce qui est en question, c'est le comportement d'une personne. Ce n'est pas une institution, ni le palais royal ni la Couronne, qui est en cause", a-t-il souligné. "Le roi actuel", Felipe VI, fils de Juan Carlos, "a marqué un avant et un après en termes d'exemplarité, de transparence et de bon usage des deniers publics et a, en conséquence, tout mon soutien", a encore dit le Premier ministre socialiste.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.