Espagne : une avocate tuée par un meurtrier qu'elle avait défendu et avec qui elle avait une liaison

L'homme, qui avait déjà été condamné en 2003 pour avoir tué son épouse, s'est suicidé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Des policiers espagnols à Madrid, le 9 décembre 2018. 
Des policiers espagnols à Madrid, le 9 décembre 2018.  (SERGIO PEREZ / REUTERS)

Un homme s'est suicidé, vendredi 18 janvier, après avoir assassiné l'avocate qui l'avait défendu et avec laquelle il entretenait une liaison, ont rapporté les autorités espagnoles. Ce nouveau féminicide a fait l'objet d'une conférence de presse de la préfète de l'Aragon, qui est apparue très émue devant les médias. "Les enquêteurs considèrent qu'il y avait une relation personnelle entre eux", et l'entourage familial l'a confirmé, "c'est donc un crime de violence de genre", a déclaré Carmen Sanchez.

L'avocate avait en effet assuré la défense de l'homme à son procès en 2003. Il avait été jugé et condamné à dix-huit ans de réclusion pour l'assassinat par balles de son épouse, selon une porte-parole du barreau de la ville de Saragosse. 

Quatre femmes assassinées ces derniers jours

En liberté conditionnelle depuis janvier 2017, l'homme a été découvert mort dans la nuit de jeudi à vendredi à Teruel, où il s'est "jeté d'un pont", selon les premiers éléments de l'enquête. Dans sa résidence à Saragosse, les policiers ont découvert quelques heures plus tard le cadavre de l'avocate de 48 ans, portant des marques de coups à l'arme blanche. L'avocate était mariée et son époux avait fait état jeudi soir de sa disparition.

"Nous ne permettrons pas un pas en arrière contre la violence de genre", a écrit sur Twitter le Premier ministre, Pedro Sanchez, qui rappelle que "quatre femmes ont été assassinées ces derniers jours" en Espagne, par leur conjoint, ex-compagnon ou amant. En 2018, 47 femmes ont été tuées dans ces circonstances.

La lutte contre les violences sexistes est une cause nationale en Espagne où une loi pionnière contre ce phénomène a été adoptée en 2004 à l'unanimité par le Parlement.