Crash d'un F-16 en Espagne : un sergent américain raconte comment il a sauvé trois Français

Un avion militaire grec s'était écrasé au décollage, en janvier, lors d'un exercice international à Albacete. Neuf aviateurs français avaient péri dans l'accident.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, décore le sergent américain Greggory Swarz, le 15 juin 2015, au Bourget (Seine-Saint-Denis).
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, décore le sergent américain Greggory Swarz, le 15 juin 2015, au Bourget (Seine-Saint-Denis). (CHRISTOPHE ENA / AP / SIPA)

"J'ai juste essayé de faire de mon mieux." Le sergent Greggory Swarz a reçu, lundi 15 juin, la Légion d'honneur pour avoir sauvé trois aviateurs français, au péril de sa vie, lors du crash d'un F-16 grec, en janvier, en Espagne. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui a remis la médaille de chevalier, au salon aéronautique du Bourget.

Le F-16 s'était écrasé au décollage, lors d'un exercice international à Albacete, et avait fauché les pilotes et mécaniciens qui s'affairaient autour des avions sur le tarmac, tuant neuf aviateurs français. "J'ai juste entendu l'explosion et vu des gens courir (...) Il y avait un énorme mur de feu", a raconté le sergent Swarz, 30 ans, stationné actuellement près de Cambridge, en Grande-Bretagne.

"Ma première réaction a été de partir en courant, puis j'ai essayé de réfléchir, de rester rationnel et de me souvenir que c'était la zone où tous les Italiens et les Français se trouvaient", a-t-il poursuivi.

"La chaleur était terrible"

"Je suis alors parti dans cette direction (...) En m'approchant, j'ai réalisé qu'il y avait des gars qui pouvaient encore être sauvés. J'en ai sorti un, je l'ai fait rouler au sol pour éteindre les flammes, j'y suis retourné en sortir un deuxième (...) puis un troisième", a-t-il ajouté.

"La dernière personne qu'on a sortie avait perdu une main, j'ai pris ma ceinture pour lui faire un garrot", a-t-il raconté. "La chaleur était terrible. Je ne pouvais plus respirer (...) J'ai vu des choses horribles dont je peux difficilement parler", a-t-il poursuivi, visiblement encore sous le choc.

Jean-Yves Le Drian a salué le "courage hors du commun" du sergent Swarz et la bravoure de ses compagnons d'armes. "Vous partagez avec les armées françaises des valeurs communes de solidarité, d'excellence", a-t-il souligné, en rappelant qu'aviateurs français et américains intervenaient ensemble contre le groupe Etat islamique en Irak.