Castor, le stockage de gaz qui fait trembler l'Espagne

Au mois de septembre 2013, la ville de Tarragone, au sud de la Catalogne a ressenti 300 secousses sismiques. En cause, l’injection de gaz naturel en sous-sol, à fin de réserve grâce à une plateforme située en Méditerranée, à 20 km des côtes. La population commence à s’inquiéter.

La plateforme qui stocke le gaz au large de Tarragone.
La plateforme qui stocke le gaz au large de Tarragone. (FTV)

Le 3 octobre, entre 1h et 8h du matin, la terre a tremblé 25 fois, atteignant à deux reprises la magnitude 4,1 sur l’échelle de Richter.
 
Selon les géologues, ces secousses sont dues à la sismicité induite du projet Castor. Un projet très controversé, qui vise à stocker dans des poches souterraines, du gaz naturel. Cette zone se situe au large, à 22 kilomètres en face du village de Vinaroz. Là, on utilise un vieux puits de pétrole pour envoyer à 1750 mètres sous terre le gaz provenant du réseau.
 
Ce genre de stockage souterrain est une technique éprouvée, tant en Espagne qu’en France. En Espagne, il y a quatre autres centres. Cela assure une réserve tampon de plusieurs mois. En l’occurrence, 1300 millions de mètres cubes, soit trois mois de consommation de l’agglomération de Valence (5 millions d’habitants). 

Le 14 juin, l’injection sous pression de gaz a commencé, avec un an de retard. Le 13 septembre, on enregistrait les premières secousses, et le 26, le ministre de l’Industrie ordonnait la suspension de l’opération.

La population commence çà s’inquiéter. Les communes les plus touchées étant Vinaros, Benicario et Peniscola. Pour les écologistes, le lien est évident entre Castor et les secousses. Ce que confirme le président du Collège des géologues d’Espagne. Pour Luis Suarez, il y a «une énergie accumulée qui, poussée par les injections, finit par se libérer».
 
Pour l’heure, le projet est toujours gelé par le ministère. Les élus locaux font pression pour retarder sa reprise, tant qu’il n’y a pas d’information sérieuse sur la situation. 
D’autant que, depuis la suspension de l’activité, la terre s’est calmée.

Alors danger ou pas ? Abandon ou pas ? Localement, on ne défend guère un projet qui n’apporte pas grand-chose en terme économique. L’Etat est maitre d’œuvre et épongera la facture. Une facture qui a dépassé les 700 millions d’euros prévisionnels et pourrait atteindre près du double.