Andalousie : réouverture prévue de la mine de sinistre mémoire d’Aznalcollar

En Andalousie, où le taux de chômage avoisine les 40%, la réouverture d’une exploitation minière fermée en 2001 est vue comme une aubaine. Sauf qu’il s’agit de la mine de métaux d'Aznalcollar, qui a fait connaître au pays l'une de ses plus graves catastrophes écologiques il y a 16 ans...

Dépollution de la boue toxique le long de la rivière Agrio, près de la ville andalouse d\'Aznalcollar, le 26 mai 1998.
Dépollution de la boue toxique le long de la rivière Agrio, près de la ville andalouse d'Aznalcollar, le 26 mai 1998. (REUTERS)
La création de 1.300 emplois directs et indirects dans cette région du sud de l'Espagne, frappée par un taux de chômage de 36,32%, le plus élevé du pays, rend plus facile sa remise en fonction. Et cela même si l'association Ecologistas en Accion a dénoncé de «fausses promesses en termes d'emplois» et a prévenu que cela «mènera sans aucun doute aux mêmes conséquences environnementales que la catastrophe d'avril 1998».
 
Cette catastrophe écologique s’était produite après la rupture d'une digue d'un bassin de stockage, provoquant le déversement de plus de 7 millions de tonnes de boues toxiques sur quelque 5.000 hectares alentours. La zone humide locale du parc national de Doñana avait été souillée par la pollution.
 
Aujourd’hui, le gouvernement andalou réclame toujours 90 millions d'euros de dommages et intérêts à l'entreprise suédoise Boliden qui exploitait la mine d'Aznalcollar. La société, aujourd'hui en procès, a proposé 20% du coût de nettoyage. 

Entrée principale de l\'entreprise suédoise Boliden en 1998.
Entrée principale de l'entreprise suédoise Boliden en 1998. (DOMINIQUE FAGET / AFP)
 
La réouverture de la mine à ciel ouvert, qui s’étend sur près de 950 hectares, pourrait avoir lieu au premier trimestre 2015, selon la région. Comme le site a déjà été utilisé, les infrastructures et installations opérationnelles sont déjà en place, facilitant le redémarrage de l’activité.
 
Elle compte 80 millions de tonnes de métaux de réserves – cuivre, plomb, zinc, or et argent – qui devraient permettre une exploitation sur 12 ans. Actuellement, il y a 571 opérations minières dans la région, qui génèrent près de 4.700 emplois.
 
Du coup, pour éviter une nouvelle catastrophe, l’assurance pour couvrir les coûts de nettoyage des entreprises polluantes imposées en 2007 par le gouvernement socialiste pourrait s'avérer utile. A moins que de nouvelles mesures ne remettent en cause l'obligation aux entreprises potentiellement polluantes de s'assurer, comme c’est le cas actuellement, comme l’explique El Païs