Un ancien employé raconte les coulisses de la "ferme des mille vaches"

Le magazine "Reporterre" a recueilli le témoignage accablant d'un ex-salarié de cet élevage industriel de la Somme.

Une vache dans la \"ferme des mille vaches\", à Drucat (Somme), photographiée le 17 octobre 2014.
Une vache dans la "ferme des mille vaches", à Drucat (Somme), photographiée le 17 octobre 2014. (MAXPPP)
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"Les salariés sont usés, comme les vaches." Un ancien employé de la controversée "ferme des mille vaches" à Drucat (Somme) raconte les coulisses de cette ferme-usine au magazine Reporterre dans un article publié lundi 8 juin. Alors que le ministre de l'Agriculture a promis qu'il n'y aurait pas plus de 500 bêtes dans un premier temps, ce salarié, qui a été licencié, révèle que la ferme compte 723 bovins. "Je le sais parce que c'est écrit sur l'appareil de traite", justifie-t-il. Contacté par le journal, Michel Ramery, le propriétaire de cette ferme ouverte en septembre dernier, admet que le nombre de têtes pourrait en effet dépasser les 500.

Des bêtes blessées, des salariés pas ménagés

Cette forme d'élevage intensif n'est pas sans poser de problème pour les animaux. Afin de produire plus de lait, les vaches sont traites trois fois par jour, deux fois si elles sont malades, dit-il. L'ancien salarié accuse ainsi les propriétaires de maltraitance. "Dans le troupeau, il y a au moins 300 vaches qui boitent. Elles sont fatiguées, maigres. Elles ont des ongles trop longs ou des sabots qui pourrissent. Elles marchent à longueur de journée dans leurs excréments", rapporte-t-il. "Une vache, ça vaut de l’argent, ce n’est pas dans notre intérêt de les faire mourir, elles sont bien soignées", rétorque Michel Ramery.

L'ancien salarié relate cependant des euthanasies pratiquées par le responsable de l'élevage, alors que des vétérinaires sont censés s'en occuper. "Stéphane [le responsable de l'élevage] vient du milieu du cochon, du coup il s'occupe n'importe comment des vaches, il ne sait pas les faire vêler, par exemple." Quant aux conditions de travail, l'ex-salarié parle d'une équipe en sous-effectif compte tenu du nombre de vaches, avec des licenciements sans ménagement. Et de s'indigner : "Ici, on n'est pas respectés, on nous prend pour des chiens."