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Les négociations sur le climat ont repris lundi à Bangkok bien que l'espoir d'aboutir à un accord ambitieux s'éloigne

L\'enjeu majeur du sommet de Copenhague en décembre sera la réduction des emissions de gaz à effet de serre.
L'enjeu majeur du sommet de Copenhague en décembre sera la réduction des emissions de gaz à effet de serre. (© France 2)
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Les négociations sur le climat ont repris lundi à Bangkok bien que l'espoir d'aboutir à un accord ambitieux s'éloigneLes négociations sur le climat ont repris lundi à Bangkok bien que l'espoir d'aboutir à un accord ambitieux s'éloigne

Quelque 2.500 délégués se sont retrouvés dans la capitale thaïlandaise après les discussions plutôt décevantes aux Etats-Unis.

Outre l'enjeu environnemental, l'aspect diplomatique est tout aussi crucial avec une quasi-obligation de résultats sous peine de voir deux ans de négociations accoucher d'un désastreux échec à la fin de l'année.

"Nos enfants et petits-enfants ne nous pardonneront pas, sauf si nous prenons des décisions. Le temps nous est compté", a déclaré aux négociateurs lundi le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva."Il nous reste beaucoup à faire.Utilisons ces deux semaines à Bangkok pour garantir notre avenir".

Pour tenter de limiter le réchauffement de la planète à + 2 degrés, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent cesser d'augmenter en 2015, selon les scientifiques. Si cet objectif n'est pas atteint, ils craignent une accumulation de catastrophes naturelles, sécheresses, inondations et autre élévation du niveau de la mer d'une ampleur sans précédent. Mais l'objectif est aussi clair que le chemin pour y parcourir est tortueux, tant sur la question des émissions de carbone elles-mêmes, que sur le financement des mesures pour y parvenir.

"Nous arrivons à Bangkok avec, je crois, 280 pages de texte avec lequel il est concrètement impossible de travailler", a indiqué à l'AFP Yvo de Boer, le plus haut responsable du climat aux Nations unies. "Nous avons 16 jours de négociations avant Copenhague, donc le temps est compté et il nous faut un résultat", a-t-il ajouté en arrivant en Thaïlande, dimanche soir.

Si lors du sommet extraordinaire de l'ONU à New York, le 22 septembre, les écologistes avaient repris espoir avec l'engagement de la Chine de réduire ses émissions de CO2 par point de PIB "de façon notable" d'ici à 2020, ils ont déchanté avec la déclaration finale extrêmement vague de Pittsburgh, lors de la réunion du G20.

En dépit du récent changement de cap du Japon à la faveur de l'arrivée de Yukio Hatoyama au pouvoir (-25 % en 2020), l'objectif d'une réduction pour les pays industrialisés de 25 % à 4 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 apparaît hors d'atteinte, avec une fourchette qui serait désormais plus proche des 15-20 %.

Le calendrier se resserre


Les négociations se poursuivront à Bangkok jusqu'au 9 octobre avant l'ultime session de Barcelone (2-6 novembre). "Les gouvernements doivent arriver à Bangkok prêts à agir (...) pour ajouter un peu de chair sur les os brandis la semaine dernière dans les discours des dirigeants du monde entier aux Nations unies", a relevé Kaisa Kosonen, en charge du climat à Greenpeace.

Pas mal de regards se tourneront aussi vers les Etats-Unis, où la loi sur le réchauffement climatique, initialement espérée avant Copenhague, risque de devoir attendre 2010. L'administration Obama n'en est pas moins très attendue.
"Soit les Etats-Unis font un effort, soit les deux semaines à Bangkok risquent de donner le ton pour un plongeon fatal à Copenhague", a estimé Antonio Hill, responsable climat de l'organisation Oxfam International.

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