"Si je ne le rapporte pas, je le réutiliserai" : grâce à des initiatives individuelles, la consigne revient en France pour éviter la production de déchets

La consigne a disparu dans l'Hexagone il y a 30 ans mais elle revient peu à peu dans nos supermarchés et ne concerne plus seulement l'alimentation. 

Article rédigé par
Sophie Auvigne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Illustration d'une consigne de bouteilles en verre. (DAREK SZUSTER / MAXPPP)

La consigne a failli revenir en France officiellement mais finalement la loi n’a pas été votée. Ce vieux concept est tout de même de retour par la petite porte grâce à de nombreuses initiatives individuelles. À partir de midi, le bar à salades s'un supermarché Franprix, au bout de la rue Saint-Dominique à Paris, est très fréquenté. Les clients ont le choix avec un emballage classique en carton et un couvercle en plastique ou, plus original, un pot en verre consigné 2 euros. "C’est une très bonne idée car ça permet de réduire les déchets, c’est plus une habitude à prendre qu’une contrainte", explique un client. "J’ai pris un emballage réutilisable sous forme de consigne, j’ai tout de suite était séduit, s’enthousiasme un autre client. En tout cas je le réutiliserai, si je ne le rapporte pas."

Une pratique oubliée

Mais cette consigne ne convainc pas tout le monde. "J’ai pris le pot en carton parce laver la vaisselle c’est du détergent, de l’eau et de l’énergie. Pas sûr que ce soit plus écologique", argumente une cliente. La consigne a disparu en France il y a 30 ans alors ce n’est plus dans la culture. "Il y a peu de clients qui comprennent et adhèrent au premier abord, explique Laura Piresse, directrice de la responsabilité sociale chez Franprix. En revanche, il y a une grande fidélisation de ceux qui ont testé une première fois."
 
On jette chaque année plus de 300 millions de barquettes plastiques. Un chiffre insupportable pour Lucas Graffan, co-fondateur de Greengo. Cette start-up propose aux restaurants et aux commerces un système de consigne clé en main : "L’épidémie a fait exploser la vente à emporter donc il y a un vrai enjeu, indique-t-il. On a des solutions pour éviter d’avoir des emballages qui finissent dans la nature. La consigne est l’une des meilleures solutions pour ça. Notre rêve est de se dire que demain tous les emballages pourront être réutilisés avec zéro déchets."

Des collants transformés en chouchous

La consigne sort même du secteur alimentaire. "Il y a environ 7 000 tonnes de collants qui sont jetés par an juste en France. Pour nous, c’est l’emblème de la mode jetable", explique Matthieu Jungfer. Avec la marque de vêtements qu’il a co-fondée, l'Atelier Unes, le jeune chef d’entreprise vient de lancer des collants 2 euros plus chers mais il suffit de les renvoyer pour être remboursés. "Au début, on n’est pas très content parce que l'on paye un surplus. Du coup, on se dit j’ai envie de me faire rembourser ce surplus à un moment donné, explique Matthieu Junfger. Je pense que c’est un système assez vertueux qui amène, au fur-à-mesure, la personne à penser au recyclage." Chaque collant consigné sera transformé en une cinquantaine de chouchous pour vivre une deuxième vie.

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