Reportage "Le camion, ce n'est pas fait pour Paris" : comment la Poste tente de verdir les derniers kilomètres de ses livraisons

La Poste va investir 700 millions d'euros d'ici quatre ans pour continuer à livrer dans les grandes villes, pour favoriser l'électrique et les mobilités douces. A Paris, les opérateurs colis se déplacent déjà en vélo-cargos. 

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Radio France
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L'espace logistique urbain sous la Poste, rue du Louvre à Paris. (SOPHIE AUVIGNE / RADIO FRANCE)

Le loi climat et résilience va imposer des règles plus strictes dans 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants baptisée ZFE, pour Zone à faibles émissions. Pour pouvoir continuer à livrer dans ces grandes villes, mais de manière plus "verte", La Poste annonce qu'elle va investir 700 millions d'euros d'ici quatre ans. 

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Dans le nouveau centre logistique de l'entreprise, à Paris, sous la Poste du Louvre, Kamal arrive de Pantin avec un camion plein de colis. Il ne fait que les déposer au sous-sol, il n'ira pas les livrer un par un dans la capitale comme il le faisait avant. Et ce n'est d'ailleurs pas un bon souvenir. "De 4h du matin, jusqu'à 7h, sans arrêt", raconte-t-il. Et à partir de 7h, ça se corse : "C'est l'heure de pointe. Les gens viennent pour travailler, certains avec des trottinettes, d'autres avec des vélos. Il faut faire attention, ce n'est pas facile. Il y a aussi des brouilles, avec des voisins... Le camion, ce n'est pas fait pour Paris. Mais avec un vélo, ça passe !", conclut-il. 

Le vélo, justement, c'est ce qu'utilise Doris Pierre-Jean, opératrice colis à la Poste. En partant du Ier arrondissement, elle va livrer le quartier, rue par rue et à vélo. "Il arrive souvent qu'on me demande si on peut faire une photo", s'amuse-t-elle. "Les clients sont intéressés, surpris aussi. Par exemple, ça m'arrive d'appeler les clients, de leur dire que je suis en bas. Ils me répondent : 'Où en bas ?', parce qu'ils s'attendent vraiment à voir la voiture typique de la poste." 

Doris Pierre-Jean, opératrice colis à la Poste, livre une centaine de colis avec un vélo-cargo. (SOPHIE AUVIGNE / RADIO FRANCE)

"Je ne me vois pas reprendre une voiture"

Doris Pierre-Jean a longtemps travaillé en voiture, ça lui semblait impossible de faire autrement. "Quand on me l'a proposé, je me suis vraiment demandé comment on pouvait utiliser un vélo, charger une centaine de colis, voire plus", se souvient-elle. "Et puis, au fil des semaines, on se rend compte que c'est vraiment pratique. On n'a pas à se tracasser l'esprit en se demandant où est-ce que je vais laisser le vélo. On s'arrête, on va livrer et on sait qu'on ne gêne pas. À l'heure actuelle, je ne me vois pas reprendre une voiture."

Avec des objectifs de faibles émissions très précis dans de plus en plus de grandes villes, et notamment dans Paris, il faut revoir les tournées des livreurs : la Poste va ouvrir en ville une cinquantaine de petits entrepôts d'ici 2026. "Avant, c'étaient des centres qui étaient dans la première couronne ou dans la deuxième couronne, et on servait des clients à une distance d'une heure de route", explique Younès Lfara, directeur de l'entrepôt du Louvre. "Aujourd'hui, le premier point de livraison est à 20 mètres et la plus longue tournée fait trois kilomètres. Par le passé, il y avait entre dix et quinze kilomètres pour faire une tournée complète." Dans ces nouveaux entrepôts, il n'y aura plus de bruits de moteur, la Poste à commandé 8 000 véhicules électriques supplémentaires, dont des camions. 

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