Scandale du chlordécone : l’indemnisation des agriculteurs antillais "est une avancée largement insuffisante", déplore un député guadeloupéen

La reconnaissance du cancer de la prostate comme maladie professionnelle pour les agriculteurs de Guadeloupe et Martinique ne suffit pas selon Olivier Serva, qui rappelle que plus de 90% de la population sur place a été contaminée au chlordécone. 

 

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Radio France
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Olivier Serva, député LREM de Guadeloupe, sur franceinfo vendredi 27 avril 2018.  (FRANCEINFO)

"C’est une avancée largement insuffisante", a déclaré mercredi 22 décembre sur franceinfo Olivier Serva, député LREM de Guadeloupe et président de la délégation aux Outre-mer à l’assemblé nationale, au sujet de l’indemnisation des agriculteurs antillais.

Les cancers de la prostate provoqués par le chlordécone sont désormais reconnus comme maladies professionnelles pour les agriculteurs de Guadeloupe et Martinique. 92 millions d’euros ont été avancés pour permettre leur indemnisation.

Olivier Serva a toutefois déclaré : "Nous demandons à l’État de continuer à prendre ses responsabilités", et notamment "sur la dépollution des terres et l’indemnisation des victimes, pas que celles qui ont travaillé il y a trente ans dans les champs et qui aujourd’hui ne sont pas tellement nombreuses." Le député guadeloupéen a d’ailleurs rappelé que l’ensemble des Antillais "ont un taux d’incidence du cancer de la prostate le plus fort au monde".

Les femmes et les travailleurs non-déclarés oubliés

Dans un premier temps, le député déplore que cette mesure ne prenne en compte que le cancer de la prostate : "Cela ne concerne que les hommes, c’est une mesure que je qualifierais de misogyne parce qu’il y a eu des femmes qui ont travaillé dans les champs." Il évoque également les travailleurs non-déclarés, nombreux à cette époque-là : "Ces personne n’existent quasiment pas, et le panel de personnes concernées est relativement faible."

Olivier Serva a aussi rappelé que 92 % des Guadeloupéens et 95 % des Martiniquais étaient contaminés au chlordécone, et 40 % des terres antillaises en sont imprégnées "pour encore 500 à 600 ans". C’est pourquoi il insiste sur la décontamination de ces territoires : "Il faut que nous puissions recultiver des denrées comestibles en Guadeloupe. Aujourd’hui, les tubercules plantées s’imprègnent de chlordécone et ne sont donc pas mangeables."

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