L'époxiconazole, un fongicide dangereux pour l'homme, retiré du marché

L'époxiconazole est utilisée en France dans environ 50% des surfaces céréalières (blé, orge, seigle, avoine), selon l'Anses.

Selon l\'Anses, l\'époxiconazole \"est un perturbateur endocrinien pour l\'être humain (...) et présente un danger préoccupant pour l\'homme et l\'environnement\".
Selon l'Anses, l'époxiconazole "est un perturbateur endocrinien pour l'être humain (...) et présente un danger préoccupant pour l'homme et l'environnement". (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)
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C'est un fongicide largement utilisé dans l'agriculture. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) ordonne, mardi 28 mai, le retrait du marché de tous les produits à base d'époxiconazole qui présente un "danger préoccupant" pour l'homme en raison de son "caractère perturbateur endocrinien"L'époxiconazole, qui sert à prévenir et traiter les parties aériennes des végétaux contre les champignons, est utilisé en France sur environ 50% des surfaces céréalières (blé, orge, seigle, avoine), et 70% des surfaces de betteraves, selon l'agence sanitaire.

La substance est déjà considérée comme un "cancérogène suspecté" et est "présumée toxique" pour la reproduction humaine. Mais après l'adoption fin 2017 d'une nouvelle réglementation européenne sur les perturbateurs endocriniens, l'Anses s'est "autosaisie sans délai" pour l'évaluer sur cet aspect.

"Un guide publié en juin 2018 au niveau européen établit les critères scientifiques pour dire si une substance active est perturbateur endocrinien ou non (...). Sur la base du nouveau guide, on peut établir et confirmer que [l'époxiconazole] est perturbateur endocrinien", a expliqué à Caroline Semaille, directrice générale déléguée de l'Anses. La substance active, dont environ 200 tonnes sont commercialisées chaque année en France, présente "un danger préoccupant pour l'homme et l'environnement", insiste l'agence.

Douze mois pour disparaître du marché

Les perturbateurs endocriniens, composés chimiques présents dans de nombreux produits de consommation courante (jouets, tickets de caisse, plastiques, produits phytosanitaires) sont encore mal connus. Mais la liste des maux qui leur sont attribués est longue (problèmes de fertilité, croissance, comportement, origine possible de certains cancers...), alimentant l'inquiétude de la population et des ONG. La réglementation européenne adoptée difficilement en 2017, et qui ne satisfait pas les ONG, ne concerne que les produits sanitaires et biocides.

L'Anses va notifier sa décision aux autorités européennes, qui sont en cours de réévaluation de cette substance, pour laquelle l'autorisation ou non de renouvellement doit être prise d'ici à avril 2020. Ces retraits d'autorisation de mise sur le marché français concernent 76 produits commercialisés sous divers noms principalement par le géant allemand de la chimie BASF. Les produits devront avoir disparu du marché d'ici à douze mois, a précisé Caroline Semaille, assurant qu'il existait d'autres solutions.

"Il y a des alternatives de la même famille, les triazoles, et de nouvelles substances en cours d'évaluation au niveau européen, a indiqué la directrice générale déléguée de l'Anses. Les agriculteurs ont déjà probablement un peu anticipé parce que les ventes ont un peu diminué ces dernières années", a-t-elle précisé.