"Tout le monde en a" : on a assisté aux premiers prélèvements de la campagne de testing de glyphosate et les résultats sont édifiants

Depuis le mois d’avril 2018, une campagne de recherche de glyphosate dans les urines des citoyennes et des citoyens est lancée en Ariège. Ils sont déjà 300 à s'être portés volontaires dans ce département. 

BENJAMIN MATHIEU / RADIO FRANCE
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"Vous avez le petit papier de consentement ? Il faudra le présenter à l'huissière qui mettra un tampon dessus...": il est 6h30 du matin, et pourtant, cette salle polyvalente anonyme de Lorp-Sentaraille, en plein cœur des Pyrénées ariégeoises, est déjà bien animée. Une vingtaine de personnes sont en train de remplir leur formulaire d'inscription.

Depuis le mois d’avril 2018, une campagne de recherche de glyphosate dans les urines des citoyennes et des citoyens est lancée en Ariège par le collectif Campagne Glyphosate, préfigurant une action nationale de grande envergure lancée dans les jours à venir. Ils sont déjà 300 à s'être portés volontaires dans le département. 

Des huissiers contrôlent chaque étape du prélèvement

Après avoir renseigné leur identité, les donneurs doivent ensuite sortir sur le parking. Il fait à peine 5°C. Devant une tente, Dominique Masset, l'un des organisateurs de cette campagne, guide les volontaires. A l'intérieur, deux huissiers, un homme et une femme, sont chargés de la totale transparence du protocole. Me Françoise Loubatières oblige même les volontaires à aller aux toilettes en sous-vêtements. "Tout simplement, indique-t-elle, pour que les personnes ne puissent pas introduire de produits quelconques, ou de l'urine qu'ils auraient pu falsifier." Pour la première fois, des mineurs participent même à la campagne. Camille a ainsi emmené son enfant : "On l'a fait participer pour montrer qu'on est tous empoisonnés, même les plus jeunes."

Une fois terminé, il faut payer 85 euros pour l'analyse simple ou 135 euros pour également porter plainte. La plupart choisissent cette formule, ce qui n'étonne pas Martine Schultz-Samson, volontaire engagée depuis le début de la campagne. "Les gens sont de plus en plus préoccupés par ce qui se passe au niveau du climat, de l’environnement", explique-t-elle.

Le gouvernement ne prend pas position. On a vu Hulot démissionner et celui qui le remplace ne fera peut-être pas mieux…

Martine Schultz-Samson

à franceinfo

Pour le moment, tous les tests se sont révélés positifs. Comme pour Arnaud, dont le taux est environ huit fois supérieur à la concentration maximale admissible dans l'eau. "Moi je vis ça comme une injustice, peste-t-il. Cela fait quatre ou cinq ans que je mange à 90% bio. C'est assez choquant : ce chimique est partout."

Les résultats seront connus dans un mois. Le collectif Campagne Glyphosate a créé une mallette pédagogique pour que d'autres prélèvements soient organisés dans toute la France. 250 personnes sont par exemple déjà préinscrites en Bretagne.

Une cinquantaine de plaintes vont être déposées

Dans quelques jours, à la mi-octobre, une cinquantaine de plaintes vont être déposées devant le tribunal de Foix (Ariège) contre les personnes impliquées dans la distribution et la diffusion dans l'environnement du glyphosate, pour mise en danger de la vie d’autrui et atteinte à l’environnement. Elles s'ajouteront aux huit déjà déposées le 15 juin dernier, une première en France. L'association a lancé une campagne de crowdfunding sur le site Helloasso.