Polémique sur l'interdiction des pesticides : retrouvez les réponses d'"Envoyé spécial" à vos questions

Il participe à un chat pour revenir sur les coulisses de son reportage diffusé jeudi soir sur France 2 et poursuivre le débat.

Envoyé spécial. Pesticides : depuis que les champs près de sa maison sont traités, Catherine a développé plusieurs tumeurs
Envoyé spécial. Pesticides : depuis que les champs près de sa maison sont traités, Catherine a développé plusieurs tumeurs (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)
Ce qu'il faut savoir

Faut-il interdire les pesticides chimiques à proximité des habitations ? Au lendemain de la diffusion d'un reportage sur ce thème dans "Envoyé spécial", sur France 2, le journaliste Pierre Monégier participe à un chat pour répondre à vos questions, revenir sur les coulisses de ce reportage et poursuivre le débat.

L'interdiction de pesticides chimiques divise. Agriculteurs, riverains, élus sont loin de s'entendre. Des maires de tous bords politiques multiplient les arrêtés anti-pesticides, au nom du principe de précaution. Ils disent vouloir protéger la santé de leurs administrés, dont certains sont convaincus que ces produits les rendent malades. Voici le reportage de Pierre Monégier et Virginie Vilar.

 Votre maire a-t-il pris un arrêté antipesticides en 2019 ? Dans le sillage du maire de Langoüet (Ille-et-Vilaine), près de 100 communes françaises ont décidé, en 2019, d'interdire l'utilisation de produits phytosanitaires à proximité des habitations. Est-ce le cas dnas votre commune ? Découvrez-le avec notre carte.

Des relations de voisinage explosives. Les pesticides empoisonnent le quotidien entre les agriculteurs et les riverains de leurs champs. Les premiers défendent leur manière de travailler et leur revenu, les seconds s'inquiètent pour leur santé et l'environnement, en particulier les insectes. Retrouvez une série de témoignages dans notre grand format.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #PESTICIDES

12h40 : Pour ce qui est de la décision de justice sur l'arrêté de Langouët, l'avocat du maire explique que "l'argumentation de la juridiction (...) puisqu'elle s'arrête à la compétence du maire", le tribunal retenant qu'il "n'a pas le pouvoir de prendre un arrêté en matière de réglementation des pesticides".

12h39 : Un arrêté ministériel est en projet pour fixer une distance minimum entre les habitations et les zones de pulvérisations de pesticides. Mais le projet prévoit une limite de 5 ou 10 mètres. Le gouvernement a recueilli, lors d'une consultation publique, plus de 50 000 avis dont il promet de tenir compte. Le texte définitif, pas encore dévoilé, devrait entrer en vigueur au 1er janvier prochain.

12h35 : Coïncidence, le maire de Langouët était justement interrogé dans le sujet d'"Envoyé Spécial", diffusé hier soir, au sujet des relations tendues entre agriculteurs et riverains à cause de cette question des pesticides. Vous pouvez revoir ce sujet. A Langouët, cet arrêté ne faisait pas l'unanimité, comme l'avait constaté une équipe de France 2 sur place il y a quelques jours.

12h32 : Le 18 mai, Daniel Cueff, maire de cette petite commune bretonne, avait pris un arrêté interdisant l'utilisation de pesticide à moins de 150 mètres des habitations. Il n'est pas le seul, mais son cas était devenu un symbole. La préfecture avait saisi la justice au motif que la réglementation sur cette question relève de la compétence de l'Etat, et non du maire. En août, le tribunal administratif de Rennes avait déjà suspendu l'arrêté, qu'il vient donc d'annuler.

12h29 : La justice annule l'arrêté antipesticides pris par le maire de Langouët (Côtes-d'Armor).

12h02 : Il est midi, voici le point sur l'actualité :

• L'Assemblée nationale autorise l'expérimentation du cannabis thérapeutique. Ce feu vert a été donné dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020.

• Le nombre de chômeurs en catégorie A baisse de 0,4% lors du troisième trimestre et de 2,4% sur un an.

• Le gouvernement a mis en place un fonds pour aider les agriculteurs touchés par le drame. Il sera abondé par l'industriel dont l'usine a pris feu il y a un mois.

• Os, vis, plastiques dans des purées pour bébé... La cellule d'investigation de Radio France s'est intéressée au géant de la restauration collective Elior. Et ce qu'elle a découvert n'est pas très appétissant.

"Envoyé spécial" a diffusé hier soir un reportage sur les relations compliquées entre riverains et agriculteurs. Les deux journalistes qui l'ont réalisé, Pierre Monégier et Virginie Vilar, ont répondu à vos questions tout à l'heure. Vous pouvez retrouver leurs réponses à cette adresse.

12h35 : Avec Virginie Vilar, nous vous remercions pour vos nombreuses questions ! Notre reportage est toujours visible par ici. Bonne journée !

11h52 : Ce chat est maintenant terminé. Vous avez été très nombreux à participer, et nous n'avons malheureusement pas pu passer toutes vos questions. Merci à toutes et tous ! Ce live va reprendre son cours normal.

12h34 : @Pseudo : Au niveau national, comme le dit le reportage, il existe depuis 2008 un plan Ecophyto, dont l'objectif était de diviser par deux la quantité de produits phytosanitaires utilisés. Il n'a pas fonctionné puisque l'usage de ces produits a, au contraire, augmenté. Le gouvernement l'a relancé en 2018, avec Ecophyto 2, qui se fixe le même objectif à horizon 2025.

12h33 : Les agriculteurs utilisent les pesticides comme beaucoup leur voiture diesel. On ne demande pas à ces derniers d'en changer immédiatement. Pourtant elle pollue. Y a-t-il un vrai plan de transition écologique des pratiques agricoles à l'échelle nationale et/ou européenne ?

11h44 : @Laurent : On peut regretter avec vous que les agriculteurs soient en première ligne dans cette affaire. Ils ne sont pas les seuls acteurs du sujet pesticides, comme nous l'avons longuement abordé dans d'autres émissions.

12h19 : Bonjour, l'émission d'hier soir et le grand format de FI ont clairement démontré le dialogue de sourds entre les habitants des communes et les agriculteurs qui viennent y travailler, mais un fait me chiffonne : jamais on ne voit de haine de l'agriculteur ("agribashing"). On remarque juste que les produits phytosanitaires sont perçus comme des poisons y compris par les agriculteurs qui doivent se protéger pour les manipuler. Or, la communication porte sur la défiance envers les agriculteurs en tant que professionnels, et non envers les marchands de produits chimiques. Est-ce volontaire ? Jamais on ne pointe "qui" va vendre ces produits aux paysans, qui va les conseiller dans ce sens.

11h41 : Au risque de vous décevoir @Kevin, nous n'avons pas noté de rapprochement ou de convergence entre riverains et agriculteurs. Les deux parties ont même du mal à communiquer simplement.

11h51 : Bonjour. En fin de compte, ce reportage met en scène un conflit entre deux victimes du capitalisme : l'agriculteur qui a été encouragé à des investissements conséquents et qui est maintenant pressurisé par des prix trop bas fixés par les marchés, et le consommateur que ce système concurrentiel mondial empoisonne. Avez-vous noté, parmi ces oppositions, un début de convergence des luttes une fois la colère dépassée ? Merci.

11h40 : @anonyme : Vos questions sont largement abordées dans le reportage, à Langouët comme à Savigny-le-Temple. L'urbanisation d'anciennes terres agricoles est aussi l'une des causes de ces tensions.

11h49 : Je vous pose une simple question : depuis combien d'années les cultures, les vignes sont-elles présentent ? Qui est venu s'implanter ? Qui urbanise le rural ? Qui signe les permis de construire ? Qui se réunit pour le plus ? Voilà. Pouvez-vous me répondre ?

11h47 : Difficile de vous répondre @Eclipse. Nous n'avons pas de boule de cristal à "Envoyé spécial" ;) Mais c'est effectivement tout l'enjeu du bras de fer qui a lieu en ce moment. Le maire de Langouët et les riverains qui le soutiennent revendiquent leur volonté de faire changer les pratiques.

11h38 : Est-ce que l'hostilité des riverains peut faire changer les pratiques agricoles des agriculteurs (plus que les problèmes environnementaux) ?

11h34 : @Tom : C'est un sujet de société majeur, qui intéresse tout le monde. Si nous n'en parlions pas, d'autres nous le reprocheraient. Notre reportage ne stigmatise pas les agriculteurs, qui y sont longuement interrogés pour défendre leur point de vue.

11h47 : N'avez-vous pas l'impression d'attiser vous-même l'"agribashing" ? Avec déjà six émissions en prime-time consacrées au sujet depuis le début de l'année ("Cash Investigation" et "Envoyé spécial" compris), on pourrait avoir l'impression que vous surfez sur la vague ?

11h46 : : Nous n'employons pas le mot "guerre" dans notre reportage. Mais nous assumons le terme de "face-à-face". Des personnes ont été violemment agressées dans certains cas et, un peu partout, c'est un sujet de crispation important.

11h45 : Ce reportage s'est appuyé systématiquement sur un langage d'opposition : face-à-face, guerre... Cela donnait le sentiment d'une mise en scène un peu lassante... au détriment d'informations qu'on aurait espéré moins généralistes. Quid de l'accompagnement possible des agriculteurs pour cette transition, de leur asservissement aux semences vendues de pair avec les pesticides, de mesure de qualité de l'air pendant un traitement phyto. Merci pour votre travail.

11h30 : : Les agriculteurs doivent tenir des cahiers d'épandage, où ils inscrivent l'ensemble des produits phytosanitaires utilisés. Ils ont l'obligation de les montrer aux autorités de contrôle, mais ils ne sont pas tenus de les montrer à leurs voisins. Catherine Fargeas, l'une des riveraines interrogées dans le reportage, a lancé une procédure judiciaire pour pouvoir consulter ces cahiers.

11h43 : Les riverains paraissent bien démunis face aux agriculteurs qui refusent de communiquer sur les produits utilisés. N'y a-t-il aucun moyen légal d'exiger cette communication ?

11h43 : @Rayman : La FNSEA est un acteur incontournable du monde agricole, quoi que vous en pensiez. Il s'agit, d'assez loin, du premier syndicat de la profession. Dans le reportage, on entend également deux membres des Jeunes agriculteurs (JA).

11h26 : Pourquoi avoir invité la représentante de la FNSEA en fin d'émission ? Elle est porte-parole des pollueurs !

11h24 : @Pseudo : Beaucoup d'agriculteurs défendent leur travail et estiment qu'il n'y a pas de danger. Il faut aussi savoir que changer de mode de production prend plusieurs années et représente un investissement financier important. De nombreux agriculteurs demandent des aides supplémentaires pour les accompagner dans cette transition. Ce n'est pas possible de changer du jour au lendemain.

11h42 : Pourquoi les agriculteurs ne veulent-ils pas s'essayer à la permaculture/agro-foresterie ? Qu'est-ce qui les pousse à continuer malgré le danger ?

11h41 : @Emie : L'Etat n'est pas inactif sur cette question. En 2015, il avait pris des premières mesures pour les établissements recevant du public. Il a lancé à la rentrée une consultation publique sur les distances d'épandage, qui devrait déboucher sur un décret pour le début de l'année prochaine. Mais nous n'en connaissons pas encore les modalités, même si le gouvernement propose, sur avis de l'Anses, une distance de cinq à dix mètres selon les cultures.

11h41 : Pourquoi l'Etat ne prend-il pas des mesures pour aider les agriculteurs comme les riverains ? On a devant nous une affaire de santé publique, non ?

11h16 : Vous n'avez pas dû regarder l'émission @anonyme. Nous avons longuement donné la parole aux agriculteurs et à leurs représentants, qui confirment que ce clivage est bien réel. L'appel à témoignages, qui a reçu plus de 650 réponses, montre que le problème dépasse de loin Langouët et Savigny-le-Temple.

11h40 : Toujours des reportages à charge contre les agriculteurs ! Vous trouvez toujours des exemples négatifs alors que, dans la majorité des cas, les relations se passent bien et dans le respect ! Il est assez navrant de constater que les chaînes publiques ne sont pas ou plus impartiales... Attention, votre rôle n'est pas le clivage de la société ! Enfin, j aimerais savoir comment consomment les "riverains" que vous avez fait témoigner ! Mangent-ils bio ? Ou alors ils font comme des millions de Français qui critiquent notre agriculture en consommant des produits bas de gamme, moins chers et écologiquement douteux de l'étranger !

11h39 : Vous avez raison @Doudou Blanc et @DanielEffectivement, chacun souffre de son côté. Ce qui nous a frappés, c'est que, de part et d'autre, les gens ont de plus en plus de mal à communiquer. D'un côté, le métier d'agriculteur est de plus en plus difficile économiquement. De l'autre, les questions de santé sont de plus en plus présentes dans l'esprit des riverains.

11h38 : Bonjour Pierre. J'aimerais revenir sur le reportage où l'on voit des habitants en pleurs face à l'incompréhension entre monde agricole et nuisances de pollution. Avez-vous été touchés par ces témoignages et quelles sont les réponses réellement apportées ?

11h38 : Bonjour franceinfo ! Sympa ce chat qui permet de revenir sur l'émission "Envoyé spécial" ! Ces tensions entre agriculteurs et riverains ne sont-elles pas finalement un problème sociétal et économique où chacun souffre de son côté ?

11h13 : Merci @Cathy.

11h37 : Très bon reportage d'"Envoyé spécial" sur France 2 sur le thème des pesticides. Pas de questions, juste un grand bravo 👏

11h09 : @anonyme : Nous ne l'occultons pas. L'agriculture biologique utilise également des pesticides, d'origine naturelle, comme notamment la bouillie bordelaise à base de cuivre et de chaux. Mais notre sujet portait sur les tensions riverains-agriculteurs et nous n'avons pas rencontré de riverains qui se plaignaient de leur voisin agriculteur bio.

11h37 : Pourquoi occulter quasi systématiquement le fait que les agriculteurs bio épandent aussi des pesticides ? Pesticides non issus de la chimie de synthèse mais d'origine naturelle certes, mais pesticides quand même...

11h36 : @anonyme : Ce n'est pas le seul sujet de crispation. Nous avons par exemple rencontré des riverains qui se plaignaient des poussières générées par les moissons. Les agriculteurs répondent que le problème vient des urbains qui s'installent dans les zones rurales sans en connaître les contraintes. Mais le sujet des pesticides est celui qui inquiète le plus, puisqu'il touche à la santé des riverains et des agriculteurs.

11h04 : Est-ce inédit cette tension entre les habitants et les agriculteurs ? Le problème, c’est seulement les pesticides ?

11h00 : : Ces agriculteurs se sont exprimés à plusieurs reprises dans d'autres émissions. Ils représentent une petite minorité des agriculteurs de notre pays et ne sont pas directement concernés par ce débat sur les pesticides chimiques.

11h30 : Pourquoi n'avoir pas donné la parole aux agriculteurs de plus en plus nombreux qui se convertissent au bio ? Pourquoi systématiquement inviter les représentants de la FNSEA alors que d'autres syndicats défendent une agriculture sans pesticides ?... Le reportage laisse croire qu'il n'y a pas d'autre solution que de finalement laisser les agriculteurs continuer à utiliser des pesticides.

11h29 : @Citoyen1 : L'angle de notre reportage était la problématique sociale, le clivage, les crispations entre les agriculteurs et les riverains. L'aspect scientifique du débat a été développé dans le grand format de franceinfo.

Des maisons entourées de champs, dans les Hauts-de-France.

11h28 : Déçu de l'émission. Pas d’avis contradictoire de scientifiques. Pas de sujet sur les alternatives. Comment fait un cultivateur bio par exemple ? Quid de la biodiversité ?

11h00 : @Curieux : Effectivement, il a été difficile, notamment, d'obtenir des témoignages d'agriculteurs victimes d'agression. C'est un peu tabou dans le monde agricole. Certains riverains en conflit avec leur voisin agriculteur ont également refusé de s'exprimer. Beaucoup nous ont dit qu'ils avaient peur que cela envenime la situation.

11h29 : Ca a été difficile de travailler sur le sujet ? Des personnes ont-elles refusé de vous parler ?

11h28 : Avant de commencer ce chat, voici le dossier que nous avons mis en ligne hier :

Un grand format, qui donne longuement la parole aux agriculteurs et aux riverains.

Le reportage d'"Envoyé spécial" sur les champs de la colère.

Une carte, qui recense toutes les communes qui ont pris un arrêté antipesticides cette année.

Un épandage de pesticides près d\'habitations, en Haute-Savoie.
(JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

11h27 : Petite pause dans ce direct. Mes collègues Pierre Monégier et Virginie Vilar, journalistes pour "Envoyé spécial", m'ont rejoint pour parler de leur reportage sur les tensions entre riverains et agriculteurs autour des pesticides. Ils attendent vos questions dans les commentaires.

11h19 : Si vous l'avez manqué hier soir, voici un extrait du reportage de Virginie Vilar et Pierre Monégier. Ce dernier sera en chat à 11 heures pour répondre à vos questions sur ce sujet.

(FRANCE 2)

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