Nucléaire : des systèmes de secours "dégradés" dans les centrales françaises

Les groupes électrogènes utilisés en cas de coupure de courant dans les centrales nucléaires sont dans un état dégradé d'après une note interne d'EDF publiée par Le journal de l'énergie. Il n'y a rien d'"inquiétant", assure l'électricien.

(13% des groupes électrogènes de secours sont dans un état inacceptable © SIPA/Allili Mourad)
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Anne-Laure BarralRadio France

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Toutes les centrales nucléaires sont équipées de groupes électrogènes. Dans une centrale il faut toujours de l’eau et du courant. Ces groupes électrogènes doivent assurer que les réacteurs soient toujours alimentés en électricité et que le combustible radioactif soit bien refroidi.

 

C’est le grand enseignement de Fukushima. Quand la centrale s’est retrouvée coupée du monde à cause du tremblement de terre et du tsunami, les groupes électrogènes, même ceux d’ultime secours, n’ont pas pu démarrer parce qu’ils étaient noyés.

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Aucun diesel en état correct

Ces diesels sont censés fonctionner seulement en cas de gros problèmes. Ils ne servent pas souvent. EDF fait donc régulièrement le bilan de ces équipements et des prévisions de leur évolution. C’est cet état des lieux que vient de révéler Le journal de l'énergie

Il y est dit qu’en 2014, aucun groupe électrogène n’était dans un état correct, presque 44% étaient dans un état dégradé et 13% dans un état inacceptable. La note précise que certains étaient indisponibles à cause de rupture de tuyauterie ou d’obsolescence, ou pire de fuite d’huile ou d’air. Il est aussi écrit que ces systèmes de secours doivent être mieux protégés des départs de feu.

Pas de quoi s'inquiéter pour EDF

Parmi les centrales mal notées, il y a celles de Paluel et de Flamanville. Mais dans la synthèse de cette note, l’électricien assure que des dispositions ont été mises en œuvre pour éviter que ce genre de problème ne se répète à l’avenir.

 

Philippe Sasseigne, directeur de la production nucléaire d’EDF, déclare d'ailleurs sur France Info que les "exigences de sûreté sont remplies ". Le terme "dégradé" n'est selon lui pas du tout inquiétant. "Nous avons un niveau d'exigence interne très élevé et qui nous conduit à utiliser un vocabulaire très particulier . Par exemple, lorsque nous jugeons un diesel dégradé, ça peut être tout simplement qu'il manque quelques dizaines de litres de fuel dans un réservoir qui compte 90.000 litres. "

"Ces groupes électrogènes fonctionnent très bien", Philippe Sasseigne, directeur de la production nucléaire d’EDF
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